‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 40 sur 41 · UN MEMOIRE POUR LA CAUSE DE BEATIFICATION · texte numérisé non relu

UN MEMOIRE POUR LA CAUSE DE BEATIFICATION

Nous avons dit, dans l'Avant-propos, que cette Étude sur l'abjuration de Jeanne d'Arc avait été écrite à l'occasion d'une demande que M«i' l'Evèque d'Orléans nous avait fait l'honneur de nous adresser, en vue d'éclaircir l'un des problèmes les plus obscurs de la vie de la Pucelle, et de préparer une solution qui intéresse d'une façon toute particulière le procès de Béatitication qui s'instruit à Rome en ce moment.

De cette Étude il a été détaché quatre questions avec leurs réponses, lesquelles, après avoir été préalablement examinées, approuvées par Mgr d'Orléans, et imprimées par son ordre, ont fait l'objet d'an Mémoire spécial destiné aux Gonsulteurs de la Sacrée Congrégation des Rites.

Ces quatre questions sont les suivantes :

lo La formule d'abjuration qu'on lit au Procès de condamnation de Jeanne d'Arc est-elle bien celle que la Pucelle prononça et signa?

Cette question est traitée dans le chapitre quatrième de la dissertation ci-dessus, pages 44-64.

2» Si ce n'est pas celle-là, qu'est devenue la formule authentique et que savons-nous de son contenu?

Question traitée dans le chapitre cinquième ci-dessus, pages 64-84.

30 L'Evêque de Beauvais voulait-il ou non que la Pucelle comprît l'acte qu'on lui imposait — quel qu'il ait été — avec ses conséquences? Jusqu'à quel point Jeanne l'a-t-elle compris ?

Question traitée dans le chapitre septième ci-dessus, pages 107-118.

40 A prendre le fait de l'abjuration tel qu'il s'est produit, que faut-il en penser au point de vue moral ?

Question traitée dans les chapitres huitième et neuvième ci-dessus, pages 121-139.

Qu'on nous permette une dernière observation à propos du Mémoire d'Orléans et de la présente Étude.

Quelque inattendues que paraîtront leurs conclusions, elles ne font en somme que confirmer la sentence définitive des juges de la réhabilitation, et mettre dans un plus grand jour quelques-uns des faits et quelques-unes des raisons sur lesquelles cette sentence est fondée.

Les délégués du Saint-Siège déclarent l'abjuration arrachée par le tribunal de Rouen à la Pucelle, « une abjuration prétendue, fausse, mensongère et suhreptice. » {Procès, t. III, p. 360.)

Nous n'avons pas voulu prouver et nous n'avons pas prouvé autre chose.

Tout en cassant les deux sentences et en les déclarant, « ainsi que l'abjuration susdite, entachées de dol, de calomnie, d'iniquité, d'erreur manifeste en droit et en fait » {Ibid., p. 362), les juges de la réhabilitation ne disent rien du relaps proprement dit; l'on peut inférer de ce silence que, à leurs yeux, le relaps allégué par les juges de Rouen n'a existé ni en fait ni en droit. Telle est, en tout cas, la conclusion à laquelle nous a mené l'examen approfondi des documents et des textes : l'abjuration canonique faisant défaut, Jeanne ne s'étant engagée à rien par serment et n'ayant produit aucune révocation proprement dite, il n'a pu y avoir de relaps d'aucune sorte, pas plus de relaps matériel et involontaire que de relaps conscient et formel. Le relaps invoqué par l'Evêque de Beauvais n'était qu'un semblant de relaps, de même que l'abjuration prétendue de Saint-Ouen n'était qu'un semblant d'abjuration. Mais il

186 l'abjuration de jeanne d'arc.

n'en fallait pas davantage à l'Evêque-juge pour en arriver à ses fins.

Au demeurant, la précédente Etude n'est que la justification, par les documents et les textes, de la sentence de réhabilitation, en tant qu'elle annule, casse, stigmatise, flétrit la prétendue abjuration de Saint-Ouen, soit en elle-même, soit en ses conséquences. Il ne saurait nous déplaire de voir nos explications en parfaite harmonie avec un jugement tombé de si hauti.

1. Le Correspondant qui, chaque année, dans son fascicule du 10 mai, consacre un article spécial à la Libératrice d'Orléans, nous a fait l'honneur, cette année, de publier sous ce titre : U7ie page obscure de l'Histoire de Jeanne d'Arc, Son Abjuration, le résumé synthétique de la présente Etude. Nous ne pouvons que lui être reconnaissant d'avoir appelé ainsi sur nos conclusions l'attention de ses milliers de lecteurs.

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