Procès, t. I, pp. 64, iio, i6o, etc
2. Aux apparitions de saint Michel, de sainte Catherine et de sainte Marguerite, qui furent le Conseil de Jeanne et en communication régulière avec elle, il faut ajouter celles de l'archange saint Gabriel à certains moments du procès de Rouen. La Pucelle les mentionne aussi bien que les précédentes. En eut-elle d'autres... ? Elle déclare à ses juges que saint Denis ne lui est jamais apparu. A-t-elle eu, en mainte circonstance, la vision de saint Louis et de saint Charlemagne? Ce que Dunois raconte (t. III du Procès, p. 6 de sa déposition) donnerait à le croire. Un contemporain, Th. Basin, en son Histoire, de Charles VII, et l'auteur inconnu du Miroir des femmes vertueuses [Procès, t. IV, pp. 2(38, 270), joignent aux apparitions des saintes Catherine et Maro;ucri:e drs apparitions de sainte Agnès; l'une des r.iiiri'aincs de Je;iniie |!ort;;it ce nom : mais Jeanne n'en dit rien. NVniljlions pas ipie sans le procès de Rouen la postérité aurait su pi^ii de cil isc des Vni.r de .Ic-aniie, et que Jeanne parle seulement dos apparitions sur lesquelles on l'interroge. Sans la déposition du chevalier d'Aulon, nous ignorerions le trait du siège de Saint-Pierre-le- .Mouticr; sans la déposition de L^unois, celui de la prière de saint
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En quels endroits, à quels moments, à Domremy, la jeune vierge était-elle visitée de ses Voix? Elle n'y fait allusion que rarement et nous laisse le soin de deviner ce qu'elle ne dit pas. Une fois, la première, c'est dans le jardin de son père, à l'heure de midi. Une autre fois, ce sera dans les ciiamps, tout en cardant les troupeaux. Elle conviendra avoir « entendu sainte Catherine et sainte Marguerite » près de la fontaine du Bel-Arbre.
Edmond Richer ne doute pas qu'elle ne les entendît aussi, lorsque la cloche du village lui annonçait, à travers les prairies et les bois, la célébration du saint sacrifice ou des Compiles. Mais toujours, c'était dans le silence de la solitude, loin de tous témoins, <jue s'engageaient ces colloques mystérieux entre la « Fille de Dieu » et ses célestes visiteurs'.
Nous avons eu lieu de remarquer, dans le cours du piemier chapitre, que Jeanne d'Arc, quoique « peu parlant » d'habitude, quand l'occasion le demandait « parlait bien » ; — et dans la bouche du personnage qui en faisait l'observation, bien parler signifiait assurément parler avec facilité^ noblesse et éloquence. Un des sujets qui inspiraient le mieux notre héroïne, au rapport de témoins qui eurent l'occasion de l'enlendre, c'était celui de ses visions. L'honnête homme (|ui nous le certifie, le préire Guillaume Manchon, notaire-greffier du procès de Rouen, n'énonce pas seulement, en parlant ainsi, sa façon de penser; il exprime l'opinion de trois enne-
Louis cl de Ctiarlemag-ne ; et sans les leUres d'aDol)lissenient de Guy de Cailly (dont nous parlerons plus loin), l'ajiparilion des anales dont Jeanne dit avoir été Favorisée, en même liMiips que Guy de Cailly à Orléans.
i. Procès, t. I, pp. 4^, 29G; t. III, p. 204.