‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 103 sur 306 · Ibid., t. 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. 1, p

2tO LA JEUNESSE DE .lE.VNNE DARC.

ces de Rouen nous a permis de le savoir. Les juives lui demandèrent « si les Voix ne l'avaient pas appelée fille de Dieu, fille de F Eglise, fille au grand eœur ». Jeanne répond que, « avant la levée du sièçe d'Orléans, et depuis, tous les jours, quand ses Voix \y\\ parlent, elles l'ont appelée souvent Jehanne la Pucelle, fille de Dieu ' ».

Elle n'avoue pas avoir été appelée fille de l'Eglise, fille au grand cœur, mais elle ne le nie pas non plus; et la manière dont fut rédigée la minute officielle du procès par ses accusateurs autorise à croire qu'il y a eu en cet endroit quelque chose d'omis volontairement.

Quant à ses visions et apparitions mêmes, d'habitude Jeanne les désignera, non par ces termes, mais par celui de Voix. Elle désignera aussi par ce même terme l'Archange et les Saintes qui se manifestent à elle. « Mes Voix ne m'ont pas trompée; elles venaient de Dieu^ », s'écriera-t-elle sur le bûcher de Rouen, Elle dira même, de façon un j)eu obscure, que, à Chinon, « le Roi et plusieurs autres virent les Voix qui venaient à elle 3 ».

Le docteur chargé par l'Evêque de Beauvais de l'interrog-er lui demandera : « Quelle est la première Voix qui vint à vous? — C'est saint Michel -^ », répondra Jeanne. Ce qui peut s'entendre soit de la voix, soit de l'apparition de l'Archange.

Dans la bouthe de la vierge Lorraine, ce mot Voix

1. Prnrt's, t. I, p. i3o. Interrocjatuire ilii 12 mars i/|3i, ie matin, dans la prison.

2. Ibfd., t !II. p. 170. Dépisilioa (le Vrî-vc :Marlin Lailvenu.

CIIAl'. IV. JEANNE ET SES VOIX. 211

désignera donc non seulement les communications verbales qu'elle recevra de saint Michel, de sainte Callierine et de sainte Marguerite, mais encore leur présence, leurs, apparitions, leurs visions, leurs révélations. Si elle emploie ce mot de préférence à tout autre, c'est que l'Archang-e et les Saintes se manifestaient habituellement à elle par la parole, intellectuelle ou sensible, même quand ils ne lui apparaissaient pas : ce qui semble avoir eu lieu quelquefois. Ils lui faisaient entendre leurs recommandations et répondaient aux questions qu'elle leur adressait. En maintes circonstances,, pendant la captivité de Jeanne, à Beaurevoir, par exemple, il y eut entre la prisonnière et ses Saintes de véritables dialogues' ; les Saintes insistant afin que Jeanne se résignât et s'en remît entièrement à la conduite de la Providence, et Jeanne insistant de son côté pour aller rejoindre, en essayant de s'évader, ses amis de Compiègne".

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