I . Op. et loco supra ci lato
•1. \o\v Henri Joly, l'si/cliobxjic des Saint.';, [n-12, LocoUVe, Paris, 1902.
3. Guido Glei\hes, Vie de Jeanne d'Arc, p. 3, trad. de l'allcinand par L. Bort'. In-S", Paris, Périsse, 18-^3.
snnialurol dans rhisloire !* Ce n'csl pas lui (|ui est nouveau, ce sont ses négateurs : esprits dont toute la philosophie consiste à exphquer le supérieur par l'inférieur; dont le Credo étroit ne trouve jamais le monde assez grossier , assez misérable , Dieu assez enchaîné, assez impuissant, assez petit.
En fin de compte, ceux-là croient au surnaturel qui croient à l'infinie puissance, à l'infinie sagesse, à l'infinie liberté du Créateur; ceux-là dédaignent d'y croire qui admettent pour loi suprême des choses l'aveugle et inexorable fatalité.
On dira peut-être que cette division des esprits n'est pas au moment de cesser. S'il en est qui n'éprouvent aucun embarras à convenir que l'âme de l'envoyée de Dieu était pétrie de surnaturel « comme le lis est pétri de rosée », il en est encore qui refusent de lui concéder la part d'héroïsme et de grandeur morale qui lui revient manifestement.
N'importe, le cercle des préjugés antichrétiens va se rétrécissant chaque jour davantage. Un écrivain bien renseigné sur les courants d'idées qui sillonnent le monde intellectuel, Ferdinand Brunetière, constatait, dans un de ses discours de combat, cjue le naturalisme perdait chaque jour du terrain.
(( Nous n'admettons plus aujourd'hui, dit-il, cjue l'incroyance soit une preuve de liberté et d'étendue d'esprit. Autrefois, la négation du surnaturel passait pour la condition même de l'esprit scientifique. On se vantait d'avoir supprimé, ridicuhsé le mystère.
INTRODUCTION. l3
L'on reconnaît présentement que le mystère, loin d'avoir disparu, surgit partout.
(( Le surnaturel reparaît à la circonférence de notre savoir, et l'on ne conteste plus que la foi la plus sincère et la science la plus profonde, la plus moderne, puissent coexister dans le même cerveau*. »
Les Ampère, les Cauchy, les Pasteur, ces savants de premier ordre , n'ont-ils pas été d'admirables croyants ?
Pour en revenir à la Pucelle et à son histoire, voici en quels termes un membre récemment décédé de l'Académie française, François Coppée, la jugeait :
(( Quand on considère l'état lamentable du royaume au moment de l'apparition de Jeanne d'Arc , et quand on constate que peu d'années après les Anglais n'avaient plus en France que la seule place de Calais, on demeure accablé d'admiration et l'on refuse aux plus pessimistes le droit de désespérer d'un pays où a pu s'accomplir un tel miracle.
(( J'ai dit le mot miracle et je le maintiens. Je viens de relire dans Miehelet — qui n'est point suspect — le récit de cette prodigieuse aventure; plus j y réfléchis, plus j'y découvre une intervention surnaturelle.
(( Incrédules qui souriez au seul mot de miracle, conclut F. Coppée, faites attention à ceci : toute la vie de Jeanne d'Arc en est un^. »
Un contemporain étranger, le général Dragomirov,
1. Conférence donnée à Besan(;on. Voir les Discours de combat.