III
Avant de se présenter de nouveau devant le sire de Baudricourt, Jeanne demeura quelque temps auprès de sa cousine, la femme de Laxart, dont on attendait chaque jour la délivrance. « Elle passa six semaines environ chez nous' », disait aux commissaires de i456 ce parent de la Pucelle. Il comprenait sans doute en ces six semaines les deux séjours de sa nièce à Burey à l'occasion des deux voyages à Vaucouleurs.
Dès que tout empêchement fut écarté, Laxart accompagna Jeanne au siège de la chàlellenie et l'introduisit auprès du capitaine. La jeune fdle parut devant Bobert de Baudricourt en habit de paysanne, avec une robe rouge tout usée^. L'accueil que lui fit Baudricourt fut aussi brusque, aussi raide, aussi peu encourageant que la première fois. Jeanne ne se déconcerta pas. Elle réitéra les explications qu'elle avait déjà fournies, détermina nettement le but de sa présence à Vaucouleurs, et demanda sans autre préambule à Bobert de la conduire lui-même au Dauphin ou de l'y faire conduire.
Ce langage et cette requête de la jeune Lorraine laissèrent Baudricourt indifférent. Il ne se départit pas de son altitude dédaigneuse et ne fit aucun cas de la Pucelle et de ses instances.
Jeanne, instruite par ses Voix qu'il lui fallait se mettre en route avant la mi-carême et aller rejoindre le