Procès, t. I, p. i
CHAP. VI. A VAUGOULEURS. 2'JÇ)
Dieu, manifestée par ses Voiœ, s'accomplît. Elle s'en remit à sa bonté du soin de consoler, soutenir et protéger les auteurs de ses jours '.
Jeanne, cependant, voulut, avant de se mettre en route, dire adieu à sa compag-ne et amie Meng-ette. En l'embrassant, « elle la recommandait à Dieu^ ». Elle prit également congé du père de Gérard Guillemette, un de ses camarades d'enfance, en passant devant sa maison. « Adieu, lui dit-elle, je vais à Vaucouleurs^. » En traversant le village de Greux, elle disait aux habitants : « Adieu ""^ ! » Mais pour sa tendre amie, Hauviette, elle n'eut pas le courage de la voir; elle eût trop soulTert de la scène de la séparation, et de ce elle versa bien des larmes. Quand Mauviette apprit le départ de Jeannette, elle pleura elle aussi abondamment; car die la chérissait fort, ayant éprouvé dans mille occasions combien la iille de Jacques d'Arc « était admirablement bonne ^ ».
C'est ainsi que, .dans les premiers jours de janvier 1429, à peine âgée de dix-sept ans, la future libératrice d'Orléans quitta cette maison paternelle, ces champs, ces prairies, ces rives de la Meuse, ce Bois Ghesnu, enfin cette église de son petit village, de ce cher Domremy qu'elle ne devait plus revoir.