Ibid
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afin d'obtenir la force d'accomplir jusqu'au bout la mission qui allait lui être confiée'.
Les déclarations et le lang-age de Jeanne, par leur netteté comme par ce qu'ils laissaient entrevoir d'extraordinaire, avaient produit une vive impression sur les hommes d'armes de Baudricourt ; ses mœurs admirables de simpbcité, de relig-ion et de pureté les frappèrent encore davantage. Le Journal du siège d'Orléans et la Chronique de la Pucelle s'accordent à raconter que non seulement le capitaine de Vaucouleurs n'ajouta aucune créance aux propos de la jeune Lorraine, mais qu'il « ne faisait que s'en moquer, et répulait sa vision fantaisies et folles imaginations ». Chose plus g'rave, il retint Jeanne, « cuidant qu'elle serait bonne pour ses gens à eux esbattre en péché. A quoi nul d'eux, ni autre après ne la purent onques retourner, car sitôt qu'ils la reg-ardaient fort, ils étaient tout refroidis et ne leur en prenait volonté" ».
Devant cette jeune fille, dont la seule vue commandait le respect et qui produisait autour d'elle comme un rayonnement de chasteté, deux écuyers de Champagne au service de Baudricourt se sentirent émus. Ils se
1. De même que par les soins des évêques de Saint-Dié, au diocèse desquels appartient présentement Domremy, une basilique a été construite en l'honneur de Jeanne d'Arc sur la colline du Bois Chesnu, de même, par les soins des évêques de Verdun, au diocèse desquels appartient Vaucouleurs, une tour, que surmontera un groupe monumental, s'élève dans l'enceinte du château de Vaucouleurs. La crypte est à peu près rétablie dans son état primitif. Cette crypte et la porte dite de France sont les deux seuls restes conservés du château où commandait Baudricourt.
2. CousiNOT DE MoNTRELiL, Chronique de In Pncelle, p. 272, cdit. de V. de Viriville. — Journal du siège, p. 35; in-S», Orléans, 189G. Edition publiée par Paul Charpentier et Charles Cuissard.
CHAP, VI. A VAUGOULEURS. 265
nommaient, l'un Jean de Novelompont ', dit Jean de Metz, l'autre Bertrand de Poulengy. Celui-ci avait eu l'occasion de se rendre souvent à Domremy et d'y connaître les parents de la Pucelle. Parlant du Beau Mai, (( j'ai vu, déposait-il, cet arbre plusieurs fois, et je me suis pendant douze ans assis sous son oud^rag-e avant que la Pucelle vînt à Vaucouleurs. J'ai été pareillement |)lusieurs fois dans la maison de ses parents, et je sais qu'ils étaient de bons cultivateurs ».
Jean de Metz vit aussi le père et la mère de Jeanne avant le départ pour Cliinon et ils lui a parurent être de bons catholiques ».
Depuis la première audience de Baudricourt, ces deux î^entilshommes avaient pu s'informer de Jeanne et de sa famille. Rassurés sur ce point, Jean de Metz" voulut entendre la jeune fdie même. Il se rendit chez son hôte Henri Le Royer. Il la trouva avec « sa robe pauvre et usée, de couleur rouge ».
— Ma mie, que faites-vous ici? lui demauda-t-il.
Sur une première réponse de la jeune fille qui ne nous