I. Procès, t. I, pp
■2. Procès, t. II, pp. li?)8, /\b8. Dépositions de Jean de Mclz et de Bertrand de I^oiilengy. I^a dernière phrase est de l'oulengy : « Nec unquam in ipsa (Johanna) vidil aliquod nialuni, sed seniper t'irit ipsd bonajiliu sicut Juisset suncla. «
CHAP. VII. l'audience DE CIIINON. 289
les filles ou femmes des localités où elle se trouvait. Quand ce n'était pas possible, elle ne reposait que tout habillée. Et sa simplicité, sa vertu, sa modestie, inspiraient à Jean de Metz et à Bertrand de Poulengy une telle vénération que, malgré l'effervescence de leur jeunesse, ils n'oublièrent jamais le respect qu'ils lui devaient. Jeanne eût été un ange du ciel, qu'ils n'eussent pas éprouvé des sentiments plus chastes et plus réservés '.
Cette irradiation de chasteté, dont nous aurons occasion de rappeler ailleurs d'autres preuves irrécusables, parait si surprenante à un contemporain qu'il la compare naïvement à celle que produisait la présence de la Bienheureuse Mère du Sauveur. Car, c'est chose avérée, remarque-t-il, « envoyant la Vierge Marie si belle, ceux qui la regardaient, fussent-ils perdus de vices, sentaient naître en leur cœur l'amour de la chasteté et de la vertu ^ ».
Ce n'est point à traiter avec déférence et respect leur compagne de route que songeaient pourtant d'abord les quatre hommes de son escorte. Ces grossiers personnages n'avaient vu en elle qu'une folle, et leur souci était de trouver le moyen de s'en débarrasser. Ils se demandaient entre eux si on ne pourrait pas l'enfermer dans quelque château fort et l'y oublier. En attendant que