Livre Noir de La Rochelle, p
5. Procès, t. m, pp. 17 et 102. Déposition de Raoul de Gaucourt et de frère Pasquerel.
3o6 LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
Anglais s'en allassent en leur pays; s'ils ne s'en allaient, il leur en mesclierrait (i! leur arriverait malheur)'. »
Le jeune Roi ne paraissant guère quitter l'air d'indifférence qui lui était habituel, la jeune fille insista :
— Gentil Sire, s'écria-t-elle, mettez-moi à l'œuvre, et la Patrie sera tantôt allégée".
C'était la première fois peut-être que ce grand mot de Patrie était prononcé avec l'émotion qu'exprimait la voix de Jeanne d'Arc.
Mais, à coup sur, c'était bien la première fois que l'entendait ainsi le jeune souverain de la grande patrie française, Charles VII
Ce cri, parti du cœur de Jeanne, triompha de l'indifférence du Roi. La jeune fille ajoutant qu'elle a\ait des révélations secrètes à lui communiquer, « le Roy fit reculer au loin au bas de la salle ceux qui y étaient, et à l'autre bout où il était assis fit approcher la Pucelle de lui. Lacjuelle par l'espace d'une heure l'entretint et lui dit maintes choses secrètes que nul ne savait et ne pouvait savoir, sinon Dieu^ ».