‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 159 sur 306 · Interrogata respondit quod dixit Régi suo quod ipsa · texte numérisé non relu

Interrogata respondit quod dixit Régi suo quod ipsa

Johanna poneretur ad opus, et Patria statim esset alleviata. » {Procès, t. I, p. 126.) — Dans son Tableau de la poésie française au seizième siècle, \). 62, Sainte-Beuve note que l'un des adversaires de Joacliim du Bellay, Charles Fontaine, « lui faisait un crime d'avoir employé, au lieu de paijs, le mot de patrie, (jui n'avait pas encore apparemment droit de cité en France ».

3. Jean Bouchet, Annales d'Aquitaine . Bouchet, magistrat à Poitiers, vivait de 1^74 ^^ i55o. — Le miroir des femmes vertueuses, cité par J. Quicherat, t. IV, pp. 270-271. — Livre noir de La Rochelle, p. 387, dans la Revue historique, juillet 1877, t. IV.

Thomas Basin, Histoire de Charles VII, t. I, cap. x, \^\^. O9-70. 4 vol. in-80, à Paris, 1 8,^)5-59. Cet historien dit (pie le Roi s'entretint avec Jeanne plus de deux heures en particulier.

GHAP. VU. — l'audience de ciiinon. 3o7

Jeanne avait eu des révélations spéciales concernant personnellement le Roy et son cousin, le duc d'Orléans; elle en avait aussi se rapportant au royaume'. Dans cet entretien intime, elle découvrit au gentil Dauphin « toutes ces révélations-là ■ ». Elle lui dit combien Dieu l'aimait et combien il aimait aussi le duc d'Orléans son cousin ; que Cliarlemagne et saint Louis ne cessaient de prier Dieu pour le rétablissement des affaires; que de grandes choses étaient au moment de s'accomplir et prépareraient des événements non moins importants ; (pie prochainement le siège d'Orléans serait levé, si le Roi lui donnait, quoiqu'elle ne fût qu'une jeune fille, des gens et des armes; qu'elle le mènerait sans empêchement à Reims où il recevrait son digne sacre et sa digne couronne; que Paris rentrerait aussi en son obéissance et qu'il verrait les Anglais chassés définitivement du royaume. Toutes ces choses., elle les savait par révélation ; elle avait mission de les communiquer au gentil Dauphin, d'aider de sa personne à les accomplir. C'était pour cela que par commandement exprès de Dieu elle avait quitté son pays et était venue en France, en la ville royale de Chinon 3.

Est-ce dans ce même entrelien intime, ou plus tard, que Jeanne déclara au Dauphin qu'au siège d'Orléans,

1. « Habeo revelaliones tangentes reg'em, quas non dicam vobis. » {Procès, t. l, p. 03.)

2. « Dicit quod beue dixit régi suo lolum, una vice, quod sibi fuerat revelatum, quia ibat ad ip.siim. — ICn une .seule fois, elle dit à son Roi tout ce qui lui avait été révélé. » {Procès-, t. I, p. y3.) Déclaration de la plus haute importance.

3. Pour les textes établissant le fait de ces diverses affirmations de Jeanne, voir le chapiti'C sur la Commission de I^oiliers et les interrogatoires du procès de Rouen.

3o8 LA JEUNESSE DE JEANNE D ARC.

elle serait blessée, mais que la blessure ne sérail pas inorlelle?... Il est avéré au moins que la prédiction avait eu lieu avant le 22 avril, ainsi que celles dont nous venons de parler : les Registres Noirs de la Chambre des comptes de Brabant en font foi '.

Le doyen de Saint-Thibaud de Metz était l'écho des bruits répandus au sujet de cet entretien de Jeanne et du Roi, lorsqu'il prêtait à la Pucelle ces paroles :

(( Il élait ordonné de Dieu que, ainsi que le royaume de France avait été détruit et perdu, il convenait que par une Pucelle (laquelle elle était) fût restauré et récupéré. Et doncques dit au Roy, s'il la voulait croire et avoir foy en Dieu, et en monsieur sainct Michel, et madame saincte Catherine, et en elle, qu'elle le mènerait couronner à Reims et le remettrait paisible en son royaume^. »

Au cours de ces épanchements, la Pucelle fît à Charles VII les deux déclarations importantes que mentionne son aumônier, frère Pasquerel : l'une concernant la naissance lég-itime du jeune prince, l'autre relative aux choses secrètes qu'elle lui révéla. La première déclaration est ainsi conçue :

(( Je te dis de la part de Messire (mon Seigneur) que tu es vrai héritier et fils du Roy ; Messire m'envoie à toi pour te conduire à Reims, afin que tu y sois couronné, si c'est ta volonté 3. »

Quant aux choses secrètes que la jeune Lorraine découvrit au Roi, elle ne les fit pas connaître à son aumônier; elle ne lui affirma que le fait de la communication. En

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