‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 168 sur 306 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

324 lA JEUNESSE DE JEANNE D'ARC.

chevaliers, la vierge Lorraine Icnail un langage digne, ferme et néanmoins réservé. Aux questions qu'on lui adressait, elle répondait avec grande sagesse, comme eût fait un bon clerc. « Aussi les gens étaient-ils émerveillés de ses propos et croyaient-ils (ju'il y avait là quelque chose de divin, étant donné sa vie et le genre de sa conduite '. »

Cependant le résultat des entretiens de la Pucelle avec ces personnages « de grand état », et celui des audiences particulières que Charles VII lui donnait, était loin de donner satisfaction à ses désirs. Quand elle se retrouvait seule dans son appartement de la tour du Couldray, son page la vit souvent prier longuement à genoux. Elle paraissait parler à quelqu'un ; mais Louis de Coûtes ne put distinguer ce qu'elle disait. « Parfois aussi elle pleurait^. »

Les seules distractions que la jeune fille se permît consistaient à se rendre ou bien dans la petite chapelle annexe de la tour du Couldray et dédiée à saint Martin, un des apôtres de la France, ou bien dans l'église paroissiale Saint-Maurice où elle était allée entendre la messe et prier, pendant les deux ou trois jours qui s'écoulèrent entre son arrivée à Chinon et l'audience royale. Dans ces prières pleines de foi, que demandait-elle à Dieu et à son Conseil ? Toujours la même chose : que le jeune roi en finît avec les hésitations et les délais.

Ces préoccupations persistantes de la Pucelle n'échappèrent pas au regard du confesseur de Charles VII, Gé-

1. Nous croyons pouvoir appliquer au séjour de Jeanne à Chinon ce témoignage que maître Jean Barbin, avocat du Roi, rend de Jeanne à l'occasion de son séjour à Poitiers. Procès, t. III, p. 83.

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