Ibid., p. io
4. « AUentis depositionibus super exaniinatione ipsius in pra-sentia phu'iinoriun prœlntoram... Pictavis et alibi i'acla. » (Procès, \. III, p. 3,-.7.)
n. //>/,/., pp. 74,7:^.
CHAI». IX. L\ COMMISSION DE l'OITIRRS. ')^\)
Parmi les noms des docteurs charg-és d'examiner la Piicelle, on ne rencontre pas celui d'un docteur très renommé par ses connaissances en droit civil et en droit canon, maître Jean Maçon. Pourtant, il a porté sur Jeanne un jugement qui mérite d'être signalé. Faisait-il partie de la Commission de Poitiers ou seulement de celle de Chinon? Aucun document ne le dit; mais ce qui est indubitable, c'est qu'il « s'enquit à plusieurs reprises des faits et gestes de la jeune fille, et qu'il ne doutait pas qu'elle ne fût envoyée de Dieu ; car c'était, assurait-il, « chose merveilleuse de l'ouïr parler et répondre, et dans sa vie il n'avait rien relevé que de bon et de saint' ».
Aux ecclésiastiques que nous avons nommés se joignirent des conseillers du roi, probablement Jean Jouvenel (ou Juvénal) des Ursins, l'un des trois présidents du Parlement de Poitiers ; son fils Jean, alors avocat g-énéral clerc au même Parlement en celte année 1429, plus tard évèquede Beauvais et archevêque de Reims; son collègue maître Jean Rabateau, l'hôte de Jeanne d'Arc, et plusieurs autres docteurs et licenciés en droit civil et canonique'.
L'objet spécial assig'né à la Commission consistait, comme nous l'avons indiqué [)lus haut, à rechercher si Charles VII pouvait ajouter foi aux déclarations de la
1. Procès, t. III, pp. 27-28. Déposition de Cosmede Commy, bourgeois d'Orléans, à qui maître Jean Maçon avait communiqué son sentiment sur la Pucelle. Ce n'est pas vraisemblablement a Orléans que ce docteur aurait vu Jeanne pour la première fois. De Conuny parle d'examens réitérés : « Ipse doctor inultofiens e.vaminnveraf ipsam Johannam de diclis et lactis suis » ; et à Orléans, la Pucelle ne subit pas d'examen proprement dit.
2. H.-D. Lacombiî, op. cit., p. l\-i et note 5. — Procès, t. 111, p. 19. Déposition de Fr. Garivcl.
35o L.\ JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
jeune Lorraine, «s'aider d'elle')) pour la délivrance d'Orléans et le bien du royaume, et accepter licitement ses services.
L'archevêque de Reims convoqua les membres dési- •^'•nés dans la maison d'une dame Macé ou La Macée'. Quand ils furent réunis, Reg'nault de Chartres leur fit connaître le service que le Roi, leur seigneur, attendait d'eux. Ce qu'ils avaient à faire, c'était d'interroger Jeanne sur tous les points propres à les renseigner, de s'assurer de sa foi, de sa piélé, de ses mœurs, et de communiquer ensuite à la Commission le résultat de ces mnlliples recherches. Procès-verbal serait ofliciellement dressé des (|uestions adressées à la vierge Lorraine et des réponses qu'elle y aurait faites.
On a vainement cherché ce procès-verbal (|ne son importance et son caractère officiel ne [)Ouvaient condamner à l'oubli; on n'a rien découvert. Pourtant ce document a existé. La Pucelle, durant son procès, invoqua plusieurs fois contre ses accusateurs le Livre de Poitiers, et le tribunal n'en contesia, n'en nia jamais l'existence^. Quand on instruisit la cause de la revision de la sentence de Rouen, le procè>-verbaI de Poitiers aurait figuré, d'après quelques historiens, parmi les pièces qui furent