‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 184 sur 306 · CHAP. IX. I.A COMMISSION DE POITIERS · texte numérisé non relu

CHAP. IX. I.A COMMISSION DE POITIERS

jeune Lorraine furent reprises et traitées au procès de condamnation. A cet ég-ard , le rei^istre de Poitiers ne serait pas entièrement perdu.

Mais peut-on aller plus loin; peut-on avancer non seulement que la jeune vierge entretint de ses apparitions en général et de ses Voix les membres de la Commission royale, mais qu'elle nomma l'ArcI)ang"e et les saintes avec qui elle conversait, et donna sur leur compte la plupart des détails que nous ont transmis les interrogatoires de Rouen?

On ii'ait volontiers jusque-là, n'était le silence que gardent sur ce sujet frère Seguin de Seguin et les autres lémoins de la réhabilitalion. Ils ne nomment ni saint Michel ni sainte Catherine et sainte Marguerite. D'après le texte de sa déposilion, frère Seguin demandera tout à l'heure quelle langue parlait, non saint Michel, mais <( la voix qu'entendait la jeune vierge ». Aurait-il été arrêté entre les membres de la Commission qu'ils garderaient le secret sur certaines des questions traitées, et sur celle des apparitions en particulier...?

Quoique un seul de ces membres, le dominicain Seguin de Seguin, ait été appelé à déposer à l'enquête de i456, les traits qu'il rapporte et les appréciations qu'il exprime permettent de se faire une idée de la manière dont Jeanne subit l'épreuve à laquelle on la soumettait. Sa déposition et celle d'un écuyer du roi, Gobert Thibault, accusent dans les réponses de la Pucelle à ses examinateurs une netteté, une résolution, un b!)u sens, assaisonné parfois d'une

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malice toute î^auloise. — frère Seg-uin de Seguin en savait quelque chose, — qui expliquent rimjDression de surprise pioduite par celle enfant de dix-sept ans sur ces graves personnag'es.

Les docteurs désignés s'élant transportés citez maître Rabateau pour s'acquitter de leur mandai, on les introduisit dans la chambre où se tenait la jeune fille. Dès qu'elle les vit paraître, « elle s'alla seoir au bout du banc et leur demanda ce qu'ils voulaient' ».

Les docteurs lui répondirent que s'ils la venaient trouver, c'est qu'elle avait dit au Iloi que Dieu l'envoyait vers lui, ce qui ne pouvait être. Alors, ils entrepricent de lui montrer « par de l)elles et douces raisons » que cela n'était pas vrai. « lis y furent plus de deux heures où chacun parla sa fois. Et elle leur répondit, dont ils étaient g'randement ébaliis, comme si une si simple berg-ère„ jeune fdie, pouvait ainsi répondre". »

Cette première séance fut suivie de plusieurs autres, moins solennelles sans doute, mais dans lesquelles maîtres et docteurs, par la diversité et la multiplicité de leurs questions, cherchèrent à se rendre un compte exact des desseins et des intentions de la Pucelle. Dans l'une de ces séances, la première peut-être, un professeur de théologie de Paris, maître Jean Lombart, lui demanda :

— Pourquoi ctes-vous venue? Que vous proposezvous? Quelle est l'œuvre que vous avez à exécuter? Le Roi veut savoir quel mobile vous a poussée à venir le trouver.

[. CousiNOT Dii IMoNTUKuiL, Chroni(]ue (le la Pucelle, p. 270. !. Ilnd.

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