‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 191 sur 306 · I. Procès, t. I, 1). Of · texte numérisé non relu

I. Procès, t. I, 1). Of

CIIAP. IX. LV COM^irSSTdN I)K POITIKUS. 3()3

Icllre parlait de Lyon pour en informer les conseillers d'iiii prince étrang-er. C'est le sire de Rolselaei-, charité d'alFaires du dtic de Brabanf en cette ville, qui, apprenant du maîlre d'hôtel de Charles de Bourbon ces nouvelles extraordinaires, s'empressait, dans une letlie, d'en faire part à ses amis de Bruxelles.

Le g-reffier de la Chambre des comptes de Brabanl transcrivit dans le registre officiel de la dite Chambre un extrait ainsi conçu du texte latin de cette lettre'. En voici la traduction :

(( C'est donc vrai qUe le sire de Rotselaer a écrit de la ville de Lyon sur le Rhône à quelques seigneurs du conseil du duc de Brabanl les nouvelles suivantes, d'après la relation que lui en a faite un chevalier, conseiller et maître d'iiôlel de Charles de Bourbon.

« Une Pucelle, originaire de Lorraine., âgée d'environ dix-huit ans, se trouve auprès du Roi.

« Le Roi ayant l'intention de marciser sui" Oiléans à la tète d'un corps de troupes pour en faire lever le siège aux Anglais, cette Pucelle lui a assuré (pi'elle sauverait les habitants et qu'elle mettrait en fuite les Anglais.

« Elle a ajouté qu'elle-même serait ijlessée par un trait dans un engagement devant la place, mais qu'elle n'en mourrait pas.

« Elle a dit encore que, dans le courant de l'été prochain, le Roi serait couronné en la ville de Reims.

« Elle a dit aussi [)lusieurs autres choses dont le Roi garde le secret".

1. On p^ut voir ce document parmi les extraits des lierj/s/res noirs de la Chambre des comptes de lîrahaiil déposés à la 13il)liolhèqiie nationale.

2. Confirmation de ce qui a été raconté dans le chapitre premier sur le Secref du Roi.

.'^64 I-V JEUNESSE 13E JEANNE d'aRC.

« Celle Pacelle monle chaque jour à cheval, h\ lance au poing-, comme les aulres capilaines qui sonl auprès du Roi.

« En celle Pucelle, le Roi el ses amis ont grande confiance, ainsi que le sire de Rolselaer l'expose plus pleinemenl en sa lettre qu'il a écrile de Lyon sur le Rlione, le 22« jour du mois d'avril. »

Dans une noie subséquente, le greffier de la Cliambrs des comptes de Bruxelles ajoute :

« Et tout ce qui vient d'être dit de celte Pucelle et toutes les choses qu'elle a annoncées se sont accomplies. Le siège d'Orléans a été levé, les Anglais ont été pris, tués ou mis en fuite., le Roi a été couronné à Reims dans le courant de l'été, el un g-rand nombre de places fortes, villes el châteaux sonl rentrés en son obéissance'. »

Sous l'impression de l'annonce de ces choses merveilleuses el de la part qu'y avait la vierge Lorraine, le peuple de Poitiers eut vile foi en elle, el cette foi ne tarda pas à g-ag-ner les bourg-eois el gens de condition élevée. « Plusieurs notables personnes, tant de présidents et conseillers du Parlement que aulres de divers étals » l'allaienl voir : ils s'attendaient à ne trouver en elle qu'une visionnaire el qu'une illuminée. « Ce qu'elle disait leur semblait impossible à faire, n'étant que rêves et fantaisies. Et il n'y en avait aucuii qui, l'ayant ouïe, ne dît que c'était une créature de Dieu^. »

Le chi'oniqueur dont nous rapportons les paroles ne

1, Procès, t. IV. pp. 426-427.

2. Chronique de la Pucelle, p. 276. — Voir sur Cousinot de Montreuil, l'auteur présumé de celle Chronique, le Mémoire rie Vîdlet de Viriville, pp. 22-33, en tète de la Chronique éditée par cet érudil.

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