Ibid., p. 27O
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{( habit d'homme, il me semble que je conserverai mieux <( ma virginité de pensée et de fait '. »
Au commencement, la curiosité était le motif principal qui conduisait auprès de Jeanne les dames, jeunes filles et bourgeoises de Poitiers. Quand elles l'eurent vue, plus d'une fois une attraction nouvelle les y ramena, Quoi(iue la solitude ne fût point à charge à la vierge de Uomremy et qu'elle (^ la [tréférât d'habitude à la sociélé des hommes' », elle élait d'humeur avenante et nullement sauvage, assurent ceux qui la virent de près; « il y avait grand charme à converser avec elle^ ». Pourquoi s'en étonner? Elle possédait toutes les' (jualitcs d'esprit et de cœur qui produisent ce charmc-là : siuq)licité, abandon^, franchise, droiture, bon sens, pénétration, sagacité, bienveillance, sans compter cette vivacité d'esprit, cette ampleur d'idées, celte rectitude de jugement, celte noblesse de cœur, cette délicatesse de sensibilité qui la rendaient capable des saillies les plus piquantes, des mots les plus courageux et des plus sublimes élans.
Ce dont Jeanne ne parlait pas aux personnes qui la venaient visiter, c'était de sa piété; mais on leur en parlait tout de même, et il est à croire que dame Rabuleau racontait volontiers ce qu'elle entendait et ce qu'elle voyait. Il y avait dans le logis de celte dame un ptitit oratoire. Jeanne s'y rendait souvent et s'y livrait à de fréquentes oraisons. « La nuit, après le dîner, pendant