Chroniqtie de la PiK'('ll(',\). 27O
2. Procès, t. ni, p. 3i. Dqxisifiui) de l'iorre Vaillnnl, liour^Tois Orléanais.
3. « lù'al magna consolatio conversari ciuu i|),sa. » Ihiil., p. 3i. Déposilionde Jean I3eauhariiais, d'Orléi'^us, de cpii e.sl descendu direclemcnt le prinee Eui^'ène.
CllW. IX. LA COMMISSION DE POrTIERS. ^67
que ses liôles reposaient, elle se ineltait en prières et y demeurait des iieures entières à g-enoux'. »
Qu'on ne prèle pas à l'héroïne une piété uni(jaement conlemplalive. JMême en ces jours où sa IVancliise et sa sincérité étaient mises en question, elle ne pouvait contciiir son zèle pour l'honneur de Dieu. I! ne lui suffisait pas de ne jurer jamais; il ne fallait pas qu'on jurât près d'elle, et quand le cas se présentait, elle se fàchail. « C'est là un bon signe, remarquait le confesseur du roi Gérard Macliel, qui s'enquérait soigneusement de ses dits et de ses gestes^. »
L'année précédente (1428), dans l'assemblée des Etats g-énéraux, les représentants du clergé avaient ordonné une procession hebdomadaire j)our attirer la protection divine sur les armes du Roi. Celte procession avait lieu chaque vendredi dans les principales églises -^ Certainement, à Poitiers, toutes les fois qu'il ny eut pas d'empêchement, la i^ucelle ne manqua pas d'y assister.
Le gieffier de La l^ochelle conHrine ces lémoig'nages touchant la piété de Jeanne d'Arc. « A Poitiers, dit-il, Jeanne était moult de sainte vie : ne buvait et mang-eait comme rien, se confessait souvent et recevait corpus Donnni (le cor[)S du Seigneur). »
El — ce qui nous apprend la verlu persuasive de ses paroles et de ses exemples — le même chroniqueur ajoute : « Et aussi le faisait faire au Roy, à tous les chefs de guerre et à leurs gens ^. »
1. Procès, i lit, p. 82. Déposition de maître Jean Martin, avocat, qui vit la Pucelle à Poitiers dans le temps qu'elle y passa.