‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 198 sur 306 · Pron-s, t. ni. pp · texte numérisé non relu

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372 LA JEUNESSE DE JEANNE u'aUC.

S'enquéraiit s'il y avait là du papier et de rencre, elle ajouta : — Il faut que j'écrive aux An^^-Iais et que je les somme de se retirer : telle est la volonté de Dieu. Mai" tre Eraull, poursuivil-elle, écrivez ce qu3 je vais vous dire :

« Vous SulTort (SufFolk), Classidas et La Poule (Glasdale et La Poole), je vous somme au nom du roi des cieux que vous alliez en Ang-leterre. »

Le témoin qui rapporte ce trait déclarait ne pas se souvenir d'autre chose. Jeanne en ce moment dicla-t-elle le texie de la Lettre aux Anglais...? Ce n'est pas probable si, comme le porte le procès, la dite lettre fut « escriple le mardi sepmaine saincte' ». Si elle en voulut donner le résumé, sa mémoire lui fut infidèle dès les premières lignes, car dans le texte authentique, il n'est nullement question de Classidas, et Guillaume de La Poole n'est pas distinct du comte de Sulïort.

Maître Erault fit-il part aux membres de la Commission royale de l'impatience de la jeune fdie et du rôle de secrétaire qu'il avait rempli, ce n'est pas improbable. Mais une telle façon d'agir était plutôt de nature à faire réfléchir les docteurs qu'à les presser de conclure; elle leur eût rappelé, ainsi qu'aux membres du Conseil royal, s'ils n'y eussent pensé d'eux-mêmes, un principe de droit public dont Jeanne semblait faire trop bon marché, c'est à savoir la fameuse loi salique et l'opinion qui régnait à ce sujet dans le royaume.

Depuis Philippe V, — les historiens n'ont garde de passer le fait sous silence, — cette loi, qui excluait les femmes du trône de France, était devenue comme la loi

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