‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 213 sur 306 · Procès, t. III, p. 210. Déposition du chevalier d'Auion · texte numérisé non relu

Procès, t. III, p. 210. Déposition du chevalier d'Auion

3. Les dernières années du compagnon d'armes et admirateur de la Pucelle furent moins belles que les années de sa jeunesse. En i458 il fut accusé d'avoir conclu un traité secret avec l'Angleterre et condamné à la peine capitale. Louis XI brisa ses fers et le rendit à la liberté. Une conspiration en faveur du roi d'Angleterre (1470), celle-ci trop bien prouvée, lui valut la prison où il mourut en 1476.

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La liiuilc digiiilé à laquelle la l'iicelle venait (TtHre élevée deinandail qu'elle en eiU l'élat. Charles VII donna les ordres nécessaires pour qu'on lui montai une maison en rapport avec son rang-, et pour que tous les frais y alïerant fussent régulièrement couverts par le Trésor. A la tèle des gens qui la composèrent fut placé un écuyer de l'écurie du Roi, nommé Jean d'Aulon, d'une réputation de sagesse bien établie et le plus honnête homme qu'il pût y avoir. Il était à Chinon lors de l'arrivée de la Pucelle, mais il ne l'avait vue pour la première fois qu'à Poitiers. Le Roi le chargea spécialement de (( la garde et conduite d'icelle » Jeanne et de lui servir d'intendant. En même temps, le Roi baillait à la jeune fdie des « gens pour le service de sa personne, et autres gens d'armes en certaine quantité pour la conduire elle et ceux de sa compagnie, et la mener sûrement ». Les uns et les autres, gens de service et gens d'armes, étaient placés sous les ordres du brave écuyer '.

I. Procès, t. III, pp. 77, 209, aïo, 219. — Jean d'Aulon était-il, comme l'avance J. Ouicherat (Procès, t. III, p. 20O, note 2), un g^enliiliomme de Languedoc'? Si la pièce suivante est authentique, l'intendant de la Pucelle aurait été un o-entilliomme du comté d'Arniag-nac et serait venu, comme bien des cadets de Gascogne, se mettre au service du Roi.

On lit dans un acte extrait des registres de Pierre Lambert, notaire à Jargeaii, la note que voici :

« Le jeudi, Xle jour de septembre, l'an IIII'- xxvii (1427), Jehan Dolon, escuier de escurie du Roy, natif de la comte d'Armeignac, doit à Odet de Villars, escuier de la comte d'Armeignac, la somme de VII-^'^ (sept fois vingt, soit cent (puirante) escuz en or pour la vente de ung cheval noir. »

(Cité par Henri Ghapoy dans son ouvrage : Les compagnons de Jeanne d'Arc, p. 181, in-80, Paris, 1897.)

Resterait à expliquer le surnom de Bourguignon donné à Poton, frère de Jean d'Aulon, pris avec lui à la sortie de Compiègne.

CIIVl». XI. JKVN.XK d'arc CHEF DE GUEIIRE. i^l)")

Jean (l'Auloii s'ar(jiiilla des fonctions dclicalos que scii souverain lui coniiail de manière à méiitcr des éloges unanimes. La Pucellc avait en lui la plus entière confiance. (( Quand elle avait quelque chose à faire pour le fait de sa guerre, elle lui disait que son Conseil lui avait, dit ce qn'ellc devait faire. » Jamais, jusqu'à la sortie de Compiègne, Jean d'Aulon ne la quiUa : il cond)attit ce jour-là auprès d'elle et avec elle il fut fait prisonnier. Charles VU n'oublia pas la noblesse de sa conduite et l'en récompensa par une faveur qui ne se démentit jamais. Lorsque le Roi de France fît, en i437, son entrée solennelle dans Paris recouvré, Jean d'Aulon « menait le cheval du Roi tout à pied ». Il fut armé chevalier pendant la conquête de la Normandie {i?> juillet 1449)9 nommé sénéchal de Beaucaire et honoré des titres de conseiller et de maître d'hôtel du Roi '. Il déposa au procès de réhabilitation : sa déposition, des plus élogieuses pour Jeanne (pi'il avait pu connaître mieux que personne, des plus naïves et des plus intéressantes, est, hélas! la seule (dans l'enquête de i455) que les gi-elTiers nous aient conservée en français.

Sous les ordres de Jean d'Aulon, deux jeunes gentilshommes âgés d'environ quatorze ans, Louis de Contes, surnommé Imerguet ou Muguot, et Raymond, dont le nom de famille est demeuré inconnu, servirent de pages à Jeanne. Bertrand de Poulengy et Jean de Metz, les deux écuyers qui avaient mené la Pucelle de Vaucouleurs à Chinon; les deux frères de Jeanne elle-même, Jean et Pierre, qui vinrent la rejoindre; deux hérauts d'armes du nom d'Amblexille et de Guyenne, et (crlain

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