‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 220 sur 306 · Procès, t. III, loc. cit · texte numérisé non relu

Procès, t. III, loc. cit

6. Chronique de la Pucelle, loc. cit. — Voir aussi la déposition du chevalier d'Armagnac, loc. cit.

4<)<) LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.

les les l'ois que la fêle de rAiinoncialioii coïncidait avec le V^endiedi s-iiiit. Ov, c'était le cas pour l'année 1429'. Très prol)ablement, avant le départ de sa tille pour Cliinon, Isabelle Romée l'avait informée de sa résolution de se rendre au Puy, en cette année jubilaire, afin d'attirer sui" les siens la protection de la Bienheureuse Vierg-e; cl Jeanne, ne pouvant quitter le Daupliin, Jeanne obligée de se rendre à Poitiers, avait charg-é ses deux fidèles compagnons de roule de rejoindre sa mère. Peut-être avait-elle eu, la première, la pensée de ce voyage jubilaire et avait-elle prié Isabelle Romée de l'accomplir, en conservant de son côté l'espérance d'aller la retrouver. Mais quoique, par une permission de Martin V, le jubilé dût, celle année, durer du 2.") mars (Vendredi saint) au dimanche de Ouasimodo, 3 avril, Jeanne ne put en profiter.

Le pèlerinag^e de Notre-Dame du Puy était un des plus anciens et des plus célèbres de toute la France : il remontait, dit-on, au troisième siècle. Ce qui est hors de doute, c'est que la cathédrale du Puy jouissait au moyen âge, parmi les ég-lises de France, d'une renommée exceptionnelle. Le pape saint Léon IX, qui l'avait visitée en io5t^ l'appelait le premier sanctuaire de

I. Un manuscrit de la Bil)liothèque nationale, fonds français, cote 10572, attribue à maître Nicolas de Savigny, chanoine de Paris, doyen de Lisieux, avocat célèbre, mort en 1427, celte observation-ci : (( que toutes les fois que le Vendredi saint coïncide avec la fête de l'Annonciation, il survient des événements tout à fait extraordinaires ».

A l'appui de celte remarque, l'auteur du manuscrit invoque les exploits de la Pucelle en l'année 1429, laquelle année avait vu l'Annonciation coïncider avec le Vendredi saint. (Publication de M. Lcopold Delisle dans le Biil/cfin de la Société de l'IIisloire de Paris, année 1874.)

CHAP. XI. JEANNE d'aUC CHEF DE GUEUUE. [\i)']

France. Saint Louis avait rapporté de la Terre sainte la stalne de la Vierge qu'on y vénérait. Charles Vil, n'étant que Dauphin, « y vint le i4 niai 1420, après les succès qu'il avait obtenus en Languedoc. Il y entra solennellement et se fit recevoir chanoine. Le iG mai ('lait la fête de l'xVscension. Charles assista à la messe pontificale de Guillaume de Chalençon-Polignac, évèquc du Puy, et y communia' ».

l'ÉPÉE de l'église de SAINTE-CATHERINE DE FIERBOIS.

l'Étendard et le pennon de tours. — intérêt que

LA PUCELLE porte A LA FILLE DU PEINTRE.

Charles VII, on le voit, tenait à ce que le nouveau chef de guerre fît bonne figure à la tête de ses troupes et en sa royale com[)agnie. A la blanche armure' qu'il lui avait donnée, il voulut joindre une épée. Jeanne^ qui avait accepté l'armure, n'accepta pas « la belle épéc-^ » que le Roi lui offrait. Elle n'en voulait d'autre, lui ditelle, que l'épée conservée dans l'église de Sainte-Caiherine de Fierbois.

Pour entrer en possession de ce glaive inconnu, la Pucelle écrivit aux chapelains de Sainte-Catherine, les

1 . Vallet de Vikiville, Histoire de Chrir/es VII, t. I, pp. « 1 3-2 1 f\ .

2. On croit que celte armure de Jeanne a été conservée. Elle serait au musée d'armures, propriété de Mme la princesse de Poix, au château de la Tour-Pinon, dans le département de l'Aisne. Elle est d'acier poli et toute blanche. D'après ses dimensions, Jeanne devait, comme femme, èlre grande et robuste; ce qu'affirme d'ailleurs la tradition.

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