PERCEVAL DE CAGNY
J. Quicherat met Perceval de Cagny en tète des chroniqueurs qui ont parlé de la Pucelle. « Cet honneur lui revient, dit-il, comme au mieux instruit, au plus complet, au plus sincère, à celui qui, le premier en date, a témoigné pour elle, et
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d'une manière diu;rie d'elle, dans un écrit destiné à la postérité. «
Perceval de Cagny nous dit lui-même dans son Prolog-ue ce qu'il était. Natif du pays de Beauvoisin, il « servit et demeura quarante-si.v ans en l'hôtel d'Alençon ». Il était écuyer et maître d'hôtel du jeune duc qui fut si dévoué à Jeanne. C'est « pour l'ardent désir que par tous païs fussent très honorables et très bonnes paroles à la louange » des .seig-neurs avec qui il avait vécu, qu'il composa cette Chronique en l'an i436.
Il l'a donc écrite cinq ans après la mort de la Pucelle. C'est de la bouche du duc d'Alençon qu'il avait recueilli les renseig-nements qu'il nous a donnés sur Jeanne, renseignements particulièrement précieux en ce qui regarde le voyag's de Reims, le sièg-e de Paris et le départ de la Pucelle en avril i43o pour l'Ile-de-France. Son écrit complète heureusement la Chronique de Cousinot de Montreuil et mérite de prendre place à côté d'elle. Vallet de Virivillc se proposait de publier la Chronique complète de Perceval de Cagny ; la mort l'a empêché d'exécuter son dessein.
L'éditeur des deux Procès, J. Quicherat, a tiré les pages qu'il a insérées dans son quatrième volume d'une Chronique inédite des ducs d'Alençon dont il existe une copie moderne à la Biljliothèque nationale. La Chronique de Cag'ny compiend deux Mémoires distincts : l'un finissant à l'année i432, l'autre vers i438; ce que le premier contient sur la Pucelle se retrouve dans le second.
Tout à l'heure, J. Quicherat sig-nalait les titres de Perceval de Cagny aux honneurs de la publication ; ces titres sont légèrement exag-érés. Perceval est sincère, mais il n'est ni le plus complet, ni le mieux instruit, ni le premier en date des chroniqueurs de Jeanne. Présentement, il est inconnu que le greffier de La Rochelle avait écrit sa Relation avant que Perceval de Cagny eût écrit la sienne. Peut-être en fut-il de même de Cousinot de Montreuil ; mais ce qui est hors de contestation, c'est que si l'on compare la Chronique de la Pucelle h la Chronique de Perceval, Montreuil est beaucoup mieux ren-
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