GEORGES CHASTELLAIN
Si nous entrons dans quelques détails sur cet historien bourguignon, ce n'est pas qu'il se soit beaucoup occupé de Jeanne d'Arc, mais c'est à cause de l'importance de son histoire et de la place exceptionnelle qu'elle occupe parmi les Chroniques de ce temps.
Dans une intéressante Notice (t. I, p. v-lxiv), M. de Lettenhove nous dit ce qu'on a pu savoir de Georges Chastellain. Il était issu des maisons de Gavres et de Masmines, qui joignaient à leur nom patronymique le surnom de Chastelain. Né en i4o4 dans le comté d'Alost, Georges Chastellain était encore à vingt-cinq ans sur les bancs de l'Université de Louvain. A l'ardeur pour l'étude il joignit la passion des voyages, qui lui valut le surnom d'Aventureux. En i433, il combattait sous la bannière du duc de Bourgogne; mais après le traité d'Arras, il quittait le service du duc et venait habiter la France jusqu'en i445.
Nommé peu après écuyer panetier par Philijipe le Bon, il fut chargé de plusieurs missions. La manière dont il les remplit lui obtint, en i455, une pension annuelle de 607 livres et le titre d'historiographe ou indiciaire et celui de conseiller. En 1472, il était fait chevalier de la Toison-d'Or. Sa mort arriva le 20 mars i475.
Georges Chastellain écrivit pendant sa vie beaucoup de prose et de vers, perdus en grande partie. Dès i455, Philippe le Bon l'avait chargé de « mettre en forme, par manière de cronique, les faits notables dignes de mémoire ». Georges Chastellain consacra vingt années à ce travail. Michelet l'appelle « grand et éloquent historien ». Sans lui, dit M. de Beaucourt, « le quinzième siècle serait imparfaitement connu. Certaines parties de son oeuvre sont toute une révélation ». {Hist. de Charles Vil, t. I, Introd., p. lxiv.) « A coup sûr, c'est le chroniqueur bourguignon le plus impartial et le mieux
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rensoig-né sur la personne du Roi : il a résidé pendant près de dix années en France (i43ô-4r)) et il a pu voir la cour de près. » (Ibid.)
J. Quicherait découvrit à Arras un fragment de sa Chronique relatif «aux années i43o-;^i. Il introduisit la partie qui regarde Jeanne d'Arc dans son édition du Procès, t. IV, pp. 440-448.
Tout ce que J.-A. Buchon avait })ublié en 1827 et 1887 dans le Panthéon littéraire et tout ce qu'on a découvert depuis a été inséré dans la publication qu'a faite des œuvres de Georges Chastellain M. le baron Kerwyn de Lettenhove, membre de l'Académie royale de Belgique, sous ce titre :
Œuvres de Georges Chastellain, 8 volumes in-S^. Bruxelles, Heussner, éditeur, i863-i86().