De la publication des deux procès
Nous ne parlerons [las ici de J. (Juicherat chef d'école : qu'on veuille bien voir ce que nous en avons dit au chapitre vi de l'Etude citée plus haut. Nous nous boinerons à quelques mots sur la publication des deux procès.
C'est au nom de la Société de l'Hisloiie de France que Jules Quicherat pré[)ara le texte des deux procès et le publia.
Mais à qui revient l'initiative du projet, à la Société même ou bien au paléographe? Est-ce la Société qui, la premièie, est venue à J. Quicherat, ou bien est-ce J. Quicherat qui, le premier, est venu à elle?
A ce sujet s'est produite et propagée la légende que nous avons déjà signalée. Dans la notice qu'il a mise en tète des Mélanges d'archéologie., M. Robert de Lasteyrie écrit que J. Quicherat eut le premier la pensée de la i)ulilicatio:i des deu\" procès;
Qu'il la soumit en i84o à la Société de l'Histoiie de France ;
Que la Société approuva le projet sans restriction et le chargea de l'exécuter.
Autant d'erreurs dont la preuve est fournie parles BuUeliiis officiels de la Société' de l'Histoire de France. Nous avons raconté d'après ces Bulletins, dans les deux premiers chapitres de l'Etude citée, comment cette Société litléi'aire fut
4S8 LA JEUNRSSIÎ I)S Jli.VX.NR d'aRC.
amenée à (léciclei' la publication des manuscrits des deux procès. Jules Qulcherat ne fut pour lien dans la préparation de cette décision. Seulement, lorsqu'elle eut été prise, le Conseil d'administration, cherchant à qui confier la tâche de préparer les textes avec la correction et les éclaircissements convenables, jeta les veux sur le jeune élève de l'Ecole des Chartes qui venait d'rii soilii' avec le diplôme d'anliiN isic [)aIéog-raplie et le chart;ea de préparer l'édition des deux [irocès.
A la Société de l'Histoire de France et à son Conseil d'administration seuls reviennent donc l'initiative et l'honneur de cette décision généreuse et de la publication qui s'ensuivit. Mais après la Société de l'Histoire de France, la meilleure part, en cette œuvre vraiment nationale, doit être attribuée à Jules Quicherat, et elle reste digne d'envie.
(]omme chef d'Ecole, l'auteur des Aperças nouveaux a été discuté, et il le sera. Comme éditeur des deux procès, il ne le sera pas. Aucune voix discordante ne s'élèvera pour contester les services inappréciables que sa publication a rendus et ne cessera de rendre à la mémoire de l'héroïne, à la France sa patrie, et aux esprits cultivés qui, dans toutes les parties du monde, voudront étudier an\ s:)tMci\; mêmes les dits et faits de Jeanne d'Arc.
D'autre part, malgré sa haul(^ compétence et ses travaux en matière d'archéologie, si Jules Ouicherat n'eût été qu'archéolog-ue, son nom n'eût peut-être pas été présrrv('' de l'oubli : ses cinq volumes sur la Pucelle lui vaudront une renommée dont l'éclat ne s'affaiblira pas.
Telle était, si nous ne nous abusons, hi conviction de ses disciples lorsque, le 2 juin 1880, au baïKpiet annuel de l'Ecole des Chartes, ils offrirent à leur maître, on lémoig-nage de leur affection et de leur estime, une statuette de Jeanne d'Arc :
De celte Jeanne au nom trois fois béni. Dont il avait rajeuni A tout jamais l'antique gloire.
C'était une façon de dire que désormais le nom de l'héroïne et celui de Jules Quicherat resteraient inséparables.
Al'PEXDIGR IJI, LR l'.VVS DE JEANNE d'aRC. 4^9