LE PERE ET LA MERE DE JEANNE D ARC
Nous l'avons déjà dit au chapitre premier de cette Histoire, Domremy n'était point le village originaire du père de Jeanne d'Arc, pas plus que de sa mère. Jacques d'Arc, père de notre héroïne, était né vers 1875 ou i38o, de bonne et ancienne famille, a-t-on lieu de croire, à Ceffonds", localité champe-
I. Charles du Lys, Traité sommaire... — Dans l'édition de 1610,
APPENDICE III. I>A FAMILLE DE JEANNE d'aRC. 497
noise dépendant de la riche abbaye de Montiérender (Haute- Marne), au diocèse de Troyes. « On connaît encore dans ce villag-e la maison d'Arc, que des titres fort anciens désignent comme ayant appartenu, au quinzième siècle, à Jean d'Arc (sans doute le frère de Jeanne d'Arc), demeurant à Domremy. » (E. de Bouteiller et G. de Braux, Nouvelles recherches sur la famille de Jeanne d'Arc, Introduction, p. x.) Une plaque commémorative a été placée récemment sur la maison où Jacques d'Arc aurait vu le jour".
C'est vers le temps de son mariag'e, sans doute, que Jacques d'Arc vint s'établir à Domremy. La jeune (ille qu'il épousa avait nom Isabelle ou Zabillet Roméc, et était de Vouthon, villaïa^c à sept kilomètres ouest de Domremy, aujourd'hui dans le canton de Gondrecourt. On suppose que Romée n'était en aucune manière son nom de famille, mais un simple surnom donné à l'un des siens, selon l'usage du temps, pour avoir fait le grand pèlerinage de Rome. (E. de Bouteiller et G. deBiaux, Nouvelles reclierches sur la famille de Jeanne d Arc, pages xii-xni. — ^'allet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. 11, p. 43.)
Vouthon était divisée en deux sections, Vouthon-le-Haut et Vouthon-le-Bas, à un kilomètre l'une de l'autre. A laquelle de ces deux sections appartenait la famille de la mère de Jeanne? Probablement à Vouthon-le-Haut, car c'est toujours Vouthonle-Haut qu'on désignait quand on parlait de Vouthon tout court.
Le père de Jeanne d'Arc n'avait-il ni frères ni sœurs? Un de ses descendants, Charles du Lys, auteur du Traité sommaire dont il sera question plus bas, nous apprend que Jacques d'Arc avait deux frères, nommés l'un Nicolas, l'autre
Charles du Lys avait fait naître Jacques d'Arc à Serniaize. Dans réilition de 1628, il reconnut son erreur.
Voir sur ce sujet Simèon Lcce, Jeanne d'Arc à Doinremij, pages 26, 27.
I. Les découvertes de M. L. Dorez, que nous avons rappelées au chapitre i, ont donné lieu à cette question : Jacques d'Arc, ou ses parents, ne seraient-ils pas sortis du village d'Art-sur-Mcurthe, au lieu de Ccffonds? A celle question on ne peut i-épondre que conjecturalcnient.
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Jean. Nicolas étant mort, sa veuve lut une des marraines de Jeanne d'Arc {op. cit., p. 7). Jean prêta serment, en i436, comme arpenteur du roi pour les bais et Forêts « au département de France » [op. cit., p sfH).
Jacques d'Arc, apiès le départ de Jeanne pour Cliinon, n'eut la joie de la revoir qu'à Reims, à l'occasion du sacre. La ville de Reims se réserva l'honneur de traiter et de défrayer le père de la Pucelle. (^harles VII lui fit remettre une somme d'arg-ent et le charg-ea il'annoncer aux habitants de Domremy et de Grcux qu'ils étaient désormais exempts de toute taille.
Puis vinrent les événements douloureux de décembre 1429, de i43o et i43i, l'échec de La Charité, la sortie de Compiègne, la prise et la captivité de Jeanne, enfin le procès et la sentence de Rouen.
Quand le malheureux père apprit le supplice et la mort cruelle de sa fille, il ne put supporter ce chagrin. Le poète Valéran Varanius (Procès, t. V, p. 83), au quatrième chant de son poème De gestis Joannœ, virginis francœ, fait dire à Isa!)elle Roméc :
Vir mens, andito dilectœ fanere prolis, Oppelilt, inorlis cansani exsecratus et ignés'.
LA SrrUATION DE FOUTUNE DE LA FAMILLE DE JEANNE DARC.
Les parents de Jeanne d'Arc étaient-ils pauvres ou riches; étaient-ils également éloig-nés de la richesse et de la pauvreté, dans ce qu'on appelle une honnête aisance?
Deux témoins de l'enquête de i4ôG, Béatrix, veuve Eslcllin, et Jeannette, veuve Thiesselin, disaient d'eux qu'ils « n'étaient pas bien riches : non erant ninlliini dinites ». (Procès, t. II, pp. 395, 4o3.)
Qu'exprime le langage de ces témoins : de la compassion ou