‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 270 sur 306 · DE GUILLAUME FRONT, CURE DE DOMREMY · texte numérisé non relu

DE GUILLAUME FRONT, CURE DE DOMREMY

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En attribuant à l'action du curé de Doniremy sur .Icanne d'Arc une influence profonde, nous estimons apprécier sainement les choses et ne pas faire à rimajai-ination la part plus larg-e qu'il ne sied. Si tous les témoignages des compatriotes de la Pucelle ne mentionnent pas directement cette action, la plupart la mentionnent et la supposent très réellement, quoique d'une façon indirecte".

Le laboureur Colin, fils de Jean Colin deGreux, disait :

« J'ai entendu Messire Guillaume Front, curé delà paroisse, dire que Jeanne était bonne catholique, que jamais il n'en vit une meilleure, et quil ny en avait pas de semblable à elle dans la paroisse. » (Procès, t. II, pp. 433-34.)

Guillaume Front appréciait donc à sa valeur le trésor que les parents de Jeannette lui avaient confié, en lui remettant l'éducation et la direction chrétienne de cette âme de petite fille. Il s'était rendu compte de ses qualités et avait suivi ses prog-rès dans la vertu. Mais puisque, d'après ce que rapportent les témoins de Domremj, on voyait sans cesse Jeanne

I. A part ce que rapportent ces témoignages, on sait peu de chose du curé de Jeanne. Dans l'acte par lequel les habitants de Domremy s'engagent à payer un droit de protection à Robert de Saarbruck, un des témoins qui y figurent est « Guillaume Frontey de Neufchàteau » ; sans doute le curé même du village. (Siméon Luck, Jeanne d'Arc à Domremy , p. 68.)

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recourir à lui et se confesser souvent, il devait bien être pour quelque chose dans la formation de la piété de la jeune fille, et bon prêtre comme il l'était, il ne dut rien nég-lig-er soit du côté de l'instruction, soit du côté de la direction morale, pour faire de Jeannette la meilleure chrétienne de la paroisse.

Messire Etienne de Sionne, px'être deNeufchâteau et curé de Ronceux, nous dira lui aussi que le curé de Domremy faisait de Jeanne le cas qu'elle méritait; d'où cette conséquence que, étant son curé et son confesseur habituel, il devait être pour beaucoup dans la formation de son âme. {Procès, t. II, pp. 4oi-4o2.)

Jeanne elle-même, répondant à l'article IV du Réquisitoire, fait discrètement allusion aux soins que prenait d'elle son bon curé. « Quant à mon instruction, disait-elle, sachez que j'ai pris ma créance à bonne école et que j'ai été enseignée bien et dûment comme une bonne enfant doit l'être. »

Or, une enfant bien et dûment instruite doit l'être non seulement par sa mère, mais encore par son curé, au catéchisme, à la messe de paroisse et au tribunal de la pénitence. Le curé de Domremy s'acquitta certainement de ces devoirs envers Jeanne : il remarqua vite la pénétration de son intellig-ence, il la cultiva soig-neusement, et l'on peut voir dans la réponse à l'article IV du Réquisitoire un hommage rendu par la jeune Lorraine au zèle de son pasteur.

Perce val de Roulainvilliers, dans la lettre citée plus haut, montre Jeanne « découvrant ses pensées et visions à son curé, et instruite par lui de la manière dont elle devait répondre au messager céleste ».

De là l'hommag'e que nous avons cru devoir rendre, nous aussi, en toute justice, — non seulement aux prônes de Guillaume Front, curé de Domremy, comme le fait Siméon Luce\ — mais à l'action pleinement sacerdotale qu'il a exercée par l'instruction catéchétique, par la direction, la confession, le conseil et l'exemple, sur la future libératrice d'Orléans.

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