LA FRANCE LA MAISON OU NAQUIT
LA PUCELLE d'oRLÉANS
Cette médaille fut adressée à Gérardin avec une lettre du comte de Rocheplate, maire d'Orléans, qui le louait dans les termes les plus flatteurs de sa g-énéreuse action. Gérardin mourut à Domremj, le 4 octobre 1829, entouré de l'estime universelle.
Lorsque le Conseil g-éncral des Vosges acquit la maison de Jeanne d'Arc, des constructions en masquaient la vue et en obstruaient les abords. Telle, par exemple, la maison de Gérardin, car il n'habitait pas la chaumière de Jeanne d'Arc. Le Conseil général, en 1819, acheta ces constructions, les fit démolir et dégag-ea la maison de Jeanne. En même temps, il s'occupa de faire rétablir, à l'intérieur et à l'extérieur de la maisonnette, les choses comme elles étaient pendant que la famille et les arrière-neveux de la Pucelle l'occupaient.
En 1828, on y avait annexé deux pavillons construits exprès et reliés par une grille, l'un pour servir à une*école de filles, l'autre pour servir de musée ; mais ces deux pavillons ont été récemment démolis.
Aujourd'hui, devant la maison de Jeanne s'étend une petite pelouse entourée d'une grille fermée par une porte de fer. A côte de la maisonnette historique s'élève le log-is du gardien. Au milieu de l'espace planté d'arbres qui s'étend devant la maison se dresse le monument dont l'exécution a été confiée au ciseau du statuaire Antonin Mercié.
Une petite rue sépare de l'église la maison de Jeanne. Audessus de la porte d'entrée se développe un encadrement og'ival qui embrasse trois écussons : celui du milieu est aux armes de France avec ces mots au-dessous en lettres g-othiques :
Vive -\- le -f- Roi -|- Louis.
Il s'ag'irait de Louis XI, sous le règ-ne de qui les neveux de Jeanne auraient fait exécuter cette décoration (i48i).
L'écusson de gauche porte les armes des Thiesselin, dont la fille, en i46o, épousa Claude du Lys, neveu de Jeanne.
L'écusson de droite porte les armoiries données à la Pucelle et à sa famille par Charles VII : deux lis d'or sur champ d'azur, et une épée nue d'arg-ent à la g-arde dorée dont la pointe soutient une couronne.
Au sommet de l'og-ive se détachent une g-erbe de blé et des ceps de vig-ne, au-dessous desquels on lit sur deux lig'nes :
1° La devise. Vive Labeur
20 La date, | ^^^^ jj^j j^j^ j .
c'est-à-dire i48i.
On s'est demandé si cette devise était celle des parents de Jeanne d'Arc ou si elle n'a été imag-inée que par le restaurateur de la maison familiale.
D'après l'auteur des Nouvelles recherches sur la famille de Jean ne cfArc, M. G. de Braux : La devise : Viue labeur, était celle, non de la famille de Jeanne, mais des Thiesselin, dont la fille, Nicole Thiesselin, aurait épousé Claude du Lys.
55o LA JEUNESSE DE JEANNE d'aRC.
Les Thiesselin portaient pour armoiries : d'azur à trois socs de charrue d'argent 2 et i, à une molette d'éperon d'or en cœur. La devise est la traduction des armoiries. {Communication de M. de Braux à l'auteur.)
Tout l'encadrement de la miiison est surmonté d'une statue de fonte, représentant Jeanne, statue placée dans une niche avec un dais g-othique. Cette statue est la reproduction réduite d'une statue de pierre qui aurait été sculptée en i456 et qui demeura plusieurs siècles dans la chapelle Notre-Dame de l'église paroissiale.
Le rez-de-chaussée de la maison de la Pucelle comprend quatre pièces :
1° La chambre de famille où Jeanne est née. On y entre par la porte dont nous avons paidé. A g-auche, en entrant et près de la fenêtre, on voit, préservée par un treillis, la poutre à laquelle la fille de Jacques d'Arc suspendait sa lampe pour travailler les .soirées d'hiver.
20 La chambre de Jeanne s'ouvre au fond de la chambre de famille ; elle a une toute petite fenêtre, d'où Jeanne pouvait voir l'église, et un placard à côté. A droite de la fenêtre s'ouvrait le four, aujourd'hui supprimé. La poutre de cette chambre a été tailladée à coups de sabre par les alliés en 181 5.
S'' Le cellier, qui est contigu à la chambre de Jeanne, reçoit la lumière par un soupirail qui donnait sur le jardin.
4° La chambre des frères de Jeanne était à droite de la chambre de famille, avec une porte sur le dehors, du côté de l'église.
Au-dessus du rez-de-chaus.sée s'étend le gçenier avec une grande fenêtre croisée. Il y avait là une pièce qui fut habitée par Claude du Lys, curé de Greux-Domremy, au commencement du seizième siècle.
Le jardin où Jeanne eut sa première vision était derrière la maison. A côté coule le le ruisseau des Trois-Fontaines.