‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 32 sur 306 · PHILIPPE VI DE VALOIS · texte numérisé non relu

PHILIPPE VI DE VALOIS

Prétentions cV Edouard III dWnjleterre à la couronne de France. — Batailles de l'Écluse (i34o) et de Créa/ (i346). — Prise de Calais (1847).

L'ail 1828, Charles IV, roi de France et troisième fils de Piiilippe le Bel, mourait à trente-quatre ans. Il n'avait pas eu encore d'enfants, mais il laissait sa femme enceinte. Quand il se vit proche de sa fin, il arrêta que si la reine mettait au nionde un fils, Philippe de Valois, son cousin §-ermain, serait rég^ent du royaume jusqu'à ce que l'enfant ro>al fût en âge de monter sur le trône. S'il advenait que ce fût une fille, les douze pairs et hauts barons de France donneraient le royaume à celui « qui avoir le devrait ».

La reine, après la mort de Charles IV, mit au monde une fille. En vertu de la loi salique, dont Philippe V avait déjà bénéficié à la mort de Louis X le Hutin (iSiy), « les douze pairs et les barons de France donnèrent, de leur commun accord, le royaume de France à Monseigneur Philippe' », comte de Valois.

Les représentants directs de la race des Capétiens avaient fini de régner.

I. J. b'noissART, Chronique, t. I, liv. I, première partie, cliap. iv, p. 5; ctiap. xLix, p. 89. Edition de J.-A.-C. Biichon {Pant/iéun littéraire), g'rand ia-8>3 à deux coloûnes. Paris, 1887.

ANGLAIS ET FRANÇAIS DE l'.^'lS A l42(). Oq

Le chef de la branche des Valois avail pour père Charles, troisième fils de Philippe le Hardi et frère de PJiiiippe le Bel. Sa mère élait la princesse Marg-uerite, fille du roi de Naples el de Sicile. Charles était né en 1270 et avait reçu en apanage le comté de Valois (128.J); d'où son nom de Charles de Valois. Il mourut en i325, et l'on a pu dirq de lui qu'il avait été fils, frère, père, oncle de rois, et jamais roi.

Philippe de Valois ne pouvait avoir pour concurrent au trône de France que le fils d'Isabelle, reine d'Angleterre, épouse d'Edouard II et fille de Phifippe le Bel. Mais, étant donné la loi salique, Isabelle ne pouvait transmettre à son fils Edouard III des droits qu'elle n'avait pas'. Le cas était le même pour le comte d'Evreux, petit-fils par sa mère de Louis le Hutin. Tel fut pourtant le point de départ des luttes acharnées qui, durant plus d'un siècle, couvrirent le sol français de sang- et de ruines. Dans cette guerre de Cent ans, les rois d'Angleterre prétendaient revendiquer et défendre leurs droits à la couronne de France. De leur côté, les Français ne voulaient pas plus devenir les sujets des rois d'Angleterre, que les Ang'lais n'eussent voulu devenir, dans leur île, les sujets de nos rois.

Après son sacre, qui eut lieu le 29 mai 1828 à Reims, Philippe VI somma le jeune Edouard III de lui faire hommage, comme à son suzerain, pour la Guyenne dont Edouard élait duc. Le monar(jue anglais, qui avail à peine dix-huit-ans (il avait été sacré dès sa seizième année^), vint à Amiens (1329), et là, dans la cathédrale,

1. Avant la délivrance de la reine, une ambassade anglaise élait déjà venue à Paris l'aire valoir les droits du fils d'Isabelle.

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