‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 59 sur 306 · Procès, t. I, p. 104. Manuscrit de d'Urfé · texte numérisé non relu

Procès, t. I, p. 104. Manuscrit de d'Urfé

f\. J. QuiGHEr\.\.T, Procès, t. I, p. 43. — Dans l'interrogatoire de la prison, du xv mars, la captive demandait, c en l'honneur de Dieu et de Notre-Dame, qu'elle put ouïr la messe en celte bonne ville de Uouen ». [Ihid., p. iGo.) Dans la séance du xxv mars, il n'est (juestion que de la même requête de Jeanne et des conditions que les juives enlcndaienl lui iuiposer. [Ihid., pp. kji i()3.)

l44 I-^ JKUNESSE DE JEANINE u'aRC.

Ne pouvant amener ses ju^'-es à lui permet Ire d'entendre la messe et communier, la captive obtint quelque temps, du prêtre qui la conduisait de la prison à l'audience, un dédommagement inespéré. Moins impitoyable que le tribunal, Jean Massieu permit à Jeanne de s'arrêter dans la cliapelle du château et d'y adorer, au pied du tabernacle, le Sauveur qu'elle ne pouvait recevoir sacramentellement. Un jour, cependant, la porte de la chapelle ne s'ouvrit pas : le promoteur d'Estivet avait remarqué la condescendance de Massieu et la lui avait brutalement reprochée. Massieu n'osant plus s'arrêter, la prisonnière, qui ne savait pas pourquoi, lui demandait, devant la porte de la chapelle : « Est-ce que le corps de Jésus-Christ n'y est pas ' ? »

Et quelle foi ardente, quelle énergie de conviction, (|uelle tendresse d'âme Jeanne apportait dans ses actes de religion el de piété ! « Toutes les fois qu'elle se confessait, elle fondait en larmes », rapportait son aumônier, l'excellent frère PasquereP. Au témoignage du duc d'Alençon, « elle ne pouvait voir le corps du Sauveur sans être profondément émue et sans répandre des larmes abondantes-^ »,

A Orléans, un chanoine de l'église Sainl-Aignan, Pierre Compaing, la vit, lui aussi, « au moment de l'élévation, pleurer à chaudes larmes^ ».

Page 1