CII.VP. I. A DOMREMY, LES DEUX FOYERS. l
Eli campagne, le chapelain de la Pncelle, frère Pasquerel, lui « chantera' » chaque jour la messe : ce sera pour Jeanne comme un ressouvenir de son cher Domremy. Avant de courir sus aux Anglais, elle se munira de la sainte communion. Un chevalier racontera l'avoir vue, à Senlis, communier deux jours de suite en noble et haute compagnie, avec deux princes de sang- royal, le comte de Glermont et le duc d'Alençon^.
« Quand elle allait par le païs, et venait aux bonnes villes, elle ne manquait pas de recevoir les sacrements de confession et de l'autel ^. »
L'une des privations dont la Pucelle souffrit le plus, pendant sa captivité de Rouen, fut de ne pouvoir entendre la messe. Dès la première séance du procès, elle avait requis de ses jug-es qu'ils lui en accordassent la permission; plusieurs fois, durant le cours des interrogatoires, elle réitéra sa requête, souvent dans les termes les plus touchants +. Jamais l'évêque de Beauvais ne voulut y consentir. Il permit qu'on lui portât la sainte communion le matin de son supplice; mais aucun des nombreux lémoig-nages recueillis sur les incidents de cette journée ne donne à entendre que le saint sacrifice ait été célébré, même ce jour-là, en présence de l'infortunée jeune fille, et qu'elle y ait assisté.