‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 70 sur 306 · Procès, t. II, p · texte numérisé non relu

Procès, t. II, p

l58 LA JEUNESSE DE JEANNE D*ARC.

langage un peu fier (jue Jeanne tiendra plus lard à l'évêque de Beauvais et ses assesseurs : « Pour coudre et pour filer, je ne crains pas femme de Rouen'. »

A Domremj, comme en toutes les petites localités de la vallée de la Meuse, c'était la coutume que chaque famille à son tour se chargeât de garder dans les prairies et teirains communaux le bétail du village. Lorsque venait le tour de la famille de Jacques d'Arc, on confiait souvent à Jeannette le soin de remplir cette lâche ^ : elle conduisait les animaux dans les prairies qui longent la rivière ou dans les pâturages des coteaux, et, plus d'une fois, dans le château de l'Isle où, en ces temps d'a^e^te, on était obligé de les enfermer par crainte des chefs de bande bourguignons et de leurs hommes d'armes.

Toutefois, il ne faudrait pas inférer de ces faits attestés par les habitants de Domremj que la Pucelle fût « bergère » de profession et, comme l'a écrit un chroniqueur du xv*" siècle, à propos de son arrivée à Cliinon, qu'elle <( avoit esté toute sa jeunesse, jusques à cette heure, à garder les brebis^ », Jeannelte était une fille des champs, prenant part, comme les villageoises, à tous les travaux des champs. Elle gardait, quand il le fallait, les troupeaux de sa famille et ceux du villag-e; mais elle faisait bien autre chose. Il ne paraît pas que son père songeât beaucoup à la ménager. Il la menait avec lui à la charrue; comme ses frères, il l'envoyait aux champs où elle sarclait, bêchait, brisait du hoyau les lourdes mottes de terre '^.

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