Ibid., p
CHAI', ir. A DÛMUEMY, LES DEUX FOYEUS. iGo
« Jamais, ajoutait Jean Jacquard, laboureur de (ireux, je n'ouïs dire le moindre mal d'elle'. »
Il faut en convenir : les hommes et les femmes élanl ce (ju'ils soni, même dans les villages les mieux conservés, la conduite de la fille de Jacques d'Arc devait être bien irréprochable; celle fille des champs devait posséder une délicatesse morale, un sens {)ratiqiie admirablement développés^ pour que la malignité des commères de l'endroit n'y trouvât jamais à reprendre. En pareil cas, ce n'était pas chose extraordinaire, c'était chose très naturelle que tout le monde, à Domremy, aimât Jeanne adolescente.
Parmi ses compag-nes, il y en avait deux toutefois qui la chérissaient extrêmement et elle le leur rendait bien. Ces deux jeunes filles s'appelaient Mengetle et Haumetle ou Mauviette, — deux noms faits pour l'idylle. — Mengetle avait sa maison tout proche de celle de son amie. Hauviette, plus jeune que Jeannette de trois ou qualre ans, était sa préférée. « Que de fois, disait-elle aux membres de la Commission d'enquête, j'ai été chez son père, demeurant jour et nuit avec elle! C'était une bien bonne fille, bien simple, bien douce. Elle aimait aller à l'église et aux lieux de dévotion. Elle faisait le ménage comme les autres filles. Elle se confessait souvent. Elle rougissait quand on lui disait qu'elle était trop dévole, trop assidue aux offices''^. »
C'est avec Menuetle et Hauviette que Jeannette accom-
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plissait d'ordinaire ses pèlerinages à Notre-Dame de Bermont; c'est en leur compagnie qu'elle prenait pari