Ihid., t. I, p. 08. Même interrogatoire public
1^2 LA JEUx\ESSR DE JEANNE DARC.
guérissait des fièvres. C'esl pourquoi, « en celui lieu tous ceux du pays, quand ils avaient fièvre, ils allaient [)our recouvrer garison ' ». Jeannette préférait cette belle fontaine à la Fontaine des Rains. La prédilection de la jeune vierge s'expli(pie aisément. Tendre et compatissante aux malheureux et à tous ceux qui souffraient, elle éprouvait une joie particulière à encourager, à consoler les malades qui venaient boire de ces eaux. Et puis, sur les bords de cette fontaine habituellement solitaire, ses saintes aimées s'étaient entretenues avec elle. Devant ses juges de Rouen, elle reconnut avoir, en cet endroit, « entendu sainte Catherine et sainte Marguerite^ ». En souvenir de la prédilection de Jeanne pour cette fontaine, et des faveurs célestes dont elle y fut l'objet, les habitants de Domremy lui donnèrent le nom de Fontaine de la Piicelle^.
Comme la Fontaine des fiévreux, le Bois Chesnn exerçait sur Jeannette une attraction mystérieuse. C'est dans les pâturages qui l'avoisinaient qu'elle menait, quand elle en avait la liberté, les animaux que son père lui donnait à garder. Sous les sombres ramures de ces arbres séculaires, aucun bruit profane ne venait troubler les communications qu'elle rece>ait de ses saintes, et les épanchements par lesquels elle y répondait. A Rouen, au milieu de ses interrogateurs, elle devait avoir le sou-