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CHAP. Xlir. LE ROI lïT LK ROYAUMR. li)
tait faire une traite de quinze lieues au bout de laquelle la pauvre femme expire. Peu de temps après, le mariag-e du favori avec la daine de L'Isle-Bouchard était un fait accompli.
xVux trésors qu'il avait convoités, le sire de Giac joig^nit la faveur de son souverain. Quoi que pût faire le connétable, Giac s'avança si bien dans l'esprit du jeune Roi que, en février 1426, on pouvait dire de lui qu'il était le principal conseiller de Charles, g-ouvernanl sa personne, et, par suite, « tout le fait du royaume ». Au mois d'août de cette année, il était nommé grand chambellan. Sa faveur devint si insolente que le comte de Richemont y vit un danger pour l'Etat.
D'accord avec le seigneur de La Trémoille' et le sire
I . Georges de La Trémoille était fils de Guy de La Trémoille et de Marie de Sully, mariés en i382. Guy étant mort en l'dgS, sa veuve épousa Charles d'Albret, connétable, en i4o3.
Georges était seigneur de La Trémoille, comte de Guynes, etc., baron de Sully, de ITsle-Bouchard, etc. Il avait été grand maître des eaux et forêts de France sous Charles VI, par lettres du 18 mai i4i3. Il assista à la bataille d'Azincourt et fut fait prisonnier. (P. Anselme, Histoire généalogique de la maison de France, t. IV, p. 164.)
La maison de la Trémoille tirait son nom d'une terre située en Poitou, sur les frontières de la Marche, non loin de Montmorillon. La généalogie des seigneurs de La Trémoille s'établit dès le milieu du onzième siècle. Mais c'est vers la fin du quatorzième qu'ils prennent une place considérable dans la noblesse française. Guy V, père de Georges, était seigneur de la Trémoille, de Sully, de Craon et de Jonvelle. Son courage lui valut le surnom de Vaillant. Favori de Philippe le Hardi, premier duc de Bourgogne de la maison de Valois, cette faveur contribua à faire du sire de La Trémoille un des plus grands seigneurs de France. Prisonnier de Bajazet à Nicopolis, il s'en retouruait après avoir payé sa rançon, lorsqu'il tomba malade à Rhodes et y mourut (i3g8).
(P. Anselme, op. cit., t. VIII, p. 2o5. — Duc de l\ Trémouille, Les La Trémouille pendant cinq siècles; in-40, Nantes, 1890. Les deux orthographes La Trémoille et La Trémouille sont reçues.)
l6 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». — PHASE GUERRIERE.
d'Albret, frère utérin de ce dernier, le connétable prépare tout pour un enlèvement. Dans la nuit du 7 au 8 février 1427, des hommes armés se saisissent du favori et remmènent au château de Dun-le-Roi , qui faisait partie du domaine de la comtesse de Richemont. Là, le bailli de l'endroit et les gens de justice instruisent le procès du prisonnier, qui est condamné à mort. L'exécution ne souffrit pas de retard. (îiac offrait 100.000 écus pour se racheter. Tout ce qu'on lui accorda, ce fut de mander le bouireau de Bourges pour lui couper la main (ju'il avait donnée au diable. Après quoi on l'enferma dans un sac et on le jeta dans l'Auron, petite rivière qui coule près de Dun '.
Charles VII fut grandement irrité quand il apprit cette exécution audacieuse ; mais son courroux ne dura guère: un mois ajuès, il était consolé. (îiac eut bientôt un rempla<;ant dans la faveur de son maître. C'était un simple écuyer, Jean de Vernet Le Camus, sieur de Beaulieu. Ciiarles VII le promut à la dignité de grand écuyer. Comme le sire de Giac, le nouveau favori prit sur le Roi plus d'ascendant « qu'il ne lui appartenait ». Son insolence le rendit insupportable à tout le monde. Sur l'ordre de Richemont, le maréchal de Boussac fit mettre à mort le nouveau grand écuyer (juin 1427) pendant une promenade ([ue celui-ci faisiiil A cheval, près du château du Poitiers',
1. Guillaume Ghlel, op. cit., pp. 4G-5o. — E. Cosneau, op. el lac. cit.
2. Guillaume Gruel, op. cit., pp. 53-54- — E. Cosneau, /oc. cit.