‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 9 sur 381 · CIIAP. XIII. — - LE ROI ET LE ROYAUME · texte numérisé non relu

CIIAP. XIII. — - LE ROI ET LE ROYAUME

au duc de Bretagne donna à Richemonl l'occasion de voir d'assez près le Président de Provence, la reine Yolande et Tanneguy-Duchàlel. Les Etats de Bretagne l'ayant envoyé lui-même à Angers vers le jeune Roi, celui-ci fit à Richemont excellent accueil et « grande chère ». C'est alors que, sur le conseil de la reine Yolande, Charles offrit à Arthur l'épée de connétable. Avant de l'accepter, le chevalier breton voulut s'assurer du consentement des ducs de Bretag-ne, de Bourgogne et de Savoie'. Ce consentement obtenu et son acceptation ayant été rendue définitive, Richemonl ne songea plus qu'à défendre de son mieux les intérêts du Roi et du royaume".

En recevant l'épée de connétable, Richemont s'était eng'ag'é par traité à soutenir, aimer, porter « les servi- « teurs du roy, messire Tanguy du Chastel, prévost de « Paris, le président (Louvet), le sire de Giac et Pierre « Frotier^ ». D'autre pari, le frère du duc de Bretagne n'avait obtenu le consentement des trois ducs de Bretag-ne, de Bourgog-ne et de Savoie, qu'à la condition

1. Le duc de Savoie était Amédée VIII (i383-i45i), celui dont on voulut faire un pape et qui, en i43g, fut opposé au pape Nicolas V, sous le nom de P'élix V. Il avait épousé Marie de Bourgogne, tille de Philippe le Hardi. La mort de la duchesse, survenue en 1428, lui causa le plus vif chaorin et le tourna vers la religion. Il abdiqua la couronne ducale de Savoie en i44o. En i449> i' renonçait à son titre de pape et mettait fin au schisme. Il vint mourir au château de Ripaille. C'est lui qui institua l'ordre de chevalerie de Saint-Maurice.

2. G. Gruel, Chronique d' Arlliur de Richemont , pp. 2o-36; Introduction, Lxxiv. — Chroni({iie delà Piicelle, pp. 229-233. — E. Cos- NEAC, Le connélahle de Richemont, pp. 89-93.

3. Ce traité avait été signé le 8 mars (De Beaucoukt, Histoii-e de Charles VII, t. II, pp. 80,87). Cf. Chronique d' Arthur de Richemont, Introduction, pp. lxxiv, lxxv, lxxvi, et chap. xxvi. — E. Cosneau, op. cit., pp. 8g-i53.

l4 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIERE.

d'exig-er le renvoi de ces dits serviteurs. Il n'élail pas assurémenl de la loyauU' la j)liis shiclc de souscrire à ces deux eng-agemenls inconciliables. Si quelque chose peut excuser le nouveau connélalde, c'est qu'en tenant de préférence la promesse l'aile aux trois ducs, il prenait les véritables intérêts de son nouveau maître et du pays. Charles VII ne tarda pas à consenlir à la demande ([ue le connétable lui soumit. En conséquence de laquelle « s'en devaient aller messire Tanti^uy du Chaslel, le président de Provence et Frotier' ».

Au mois de juillet de cette année 1426, le président de Provence, Louvet, tombait en disgrâce. Pierre Frotier, vers ce même tem[)s, résiyiiait sa chaîne de ï;^rand écuyer et se relirait en son hôlel. Tannei^uy-Duchàlel acceptait la dignité de sénéchal de lîeaucaire et s'éloignait, lui aussi, de la cour. Ileslail un (|iialririne [)ersonnage, dont l'influence n'élait pas moins pernicieuse, le sire de Giac; mais ce dernier sul éviter, pour h; moment, le coup dont il était menacé.

Singulier sire, en vérité, que Pierre de Giac. Elevé à la cour de Bourgogne, sous Jean sans Peur, il avait jusque-là constamment réussi dans ses entreprises, grâce, assurail-on, au [)acle (jii'il avait conclu avec le diable à qui il avait donné une de ses mains.

Il s'était mis en tête, quoi(|ue marié, d'épouser, à cause de ses grandes richesses, la comtesse de Tournon, Catherine de L'Isle-Bouchard, marraine du Dauphin Louis. Dame Catherine étant devenue veuve, Giac empoisonne sa femme, .leanne de Xaillac, alors enceinte; quand elle a pris le poison, il la met en croupe sui" son cheval et lui

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