Chronique de la Pucelle, pp
2. D'après Jean Cliartier, « par la Sologne on était trois fois plus de gens que par la Hausse». {Procès, t. IV, p. 50.) Le premier corps de secours étant de 3. 000 hommes, le second n'en avait plus qu'un millier.
3. Journal du sièye, p. 81 ; — Chronique de lu Pucelle, p. 287.
l38 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIERE.
sans passer sous le feu d'une des bastilles anglaises les plus fortes. C'était celle (jue les assiég^eanls avaient nommée Londres, en souvenir de leur ca|)itale; elle interceptait l'accès d'Orléans du côté du couchant'. On s'attendait à une attaque sérieuse de l'ennemi. Il n'y en eut pas môme un semblant, tant sa stupéfaction était grande. Le convoi et son escorte entrèrent dans la cité orléanaise, bannière en tête et au chant des canticpies. Frère Pas- (juerel, l'aumônier de Jeanne, portait la bannière. Conformément aux ordres de la I^ucelle, il avait suivi les liommes d'armes d'Orléans à Blois; il les suivit de môme quand ils repartirent de Blois pour Orléans.
(( Nous vînmes par la lieauce, racontait le bon frère, sans eMi{)èchement d'aucune sorte. Jeanne s'était rendue au-devant de nous. Tous ensemble nous entrâmes dans la ville. Il n'y eut aucune opposition. Nous introduisîmes les vivres sous les yeux des Anglais, (^e fut une chose merveilleuse. Les Anglais étaient puissants, nombreux, excellemment armés, prêts au combat; ils voyaient clairement que les gens du Roi faisaient maigre figure visà-vis d'eux ^. Ils nous regardaient; ils entendaient chanter nos prêtres au milieu desquels j'étais, portant la bannière. Eh bien, ils restèrent immobiles, et ils n'attaquèrent ni les prêtres ni les hommes d'armes 3. »
Cette journée si bien commencée devait finir encore