‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 101 sur 381 · I. Procès, t. III, p · texte numérisé non relu

I. Procès, t. III, p

l36 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE W. PHASE GUEURIÈRE.

saisissaient celte vérité que Jeanne ne cessait de leur rappeler : qu'il fallait avant tout attirer sur leurs armes la bénédiction de Dieu, et que la première chose à faire, le meilleur moyen à prendre consistaient à ne pas outrager son nom, à in^ pas violer sa loi et à pratiquer ses commandements. Apiès tout, en réformant les mœurs de la soldatesque, la vierge guerrière servait autant la cause de la patrie que celle de Dieu. Les gens du Roi, dont elle faisait d'honnêtes chrétiens, n'en devenaient (pie j)lus intrépides et plus braves. On marche à l'ennemi sans peur, on affronte la mort sans effroi, quand on a la conscience sans reproche.

MERCREDI /j MAI. PRISE DE LA BASTILLE DE SAINT-LOUP.

Le maréchal de Boussac, les seigneurs de Rays et de Loré avaient tenu la parole qu'ils avaient donnée à la Pucelle de ne point perdre de temps, et dans la nuit du 29 au 3o avril, ils avaient repris avec leurs troupes le chemin de Blois. Si Jeanne éprouva quelques appréhensions, elle reprit bientôt confiance : à tel point qu'elle disait à Jean d'Aulon, du maréchal de Boussac : « Il vient, n'en doutez pas; je sais qu'il n'aura pas de mal '. »

Arrivés à Blois, les chefs de l'expédition tinrent conseil avec l'archevêque de Reims, chancelier de France, pour savoir ce qu'il y avait à faire. Il y eut d'abord des capitaines (jui opin renl que chacun s'en retournât en

I. Procès, t. III, j)|). 78-79. Déposition de Simon Beaucioix.

CH. XVU. DANS ORLÉANS. PRISE DE SAINT-LOUP. iSy

sa j^arnison. Mais cette opinion ne prévalut pas, et « après ils furent d'avis qu'ils dévoient retourner audit lieu d'Orléans pour ayder au bien du roi et de la ville ». L'arrivée de Dunois et les nouvelles qu'il apporta confirmèrent ces résolutions. Il ne leur laissa pas ig-norer que, <( s'ils désemparoient, ladicte cité estoit en voye de perdition. Et lors il fut conclu de retourner et de mener derechef vivres à puissance, et qu'on irait par la Beausse '. »

Troupes et convoi partirent de Blois le 3 mai et vinrent coucher pas très loin d'Orléans". On se remit en marche le lendemain de très grand matin, et l'on arrivait à une lieue de la ville entre six et sept heures. A ce moment, les seigneurs de Rais et de Loré aperçurent au loin un gros de troupes se dirigeant de leur côté. A qui allait-on avoir affaire : à des amis ou à des ennemis? Toute inquiétude fut dissipée lorsqu'on vit flotter l'étendard de la Pucelle. Suivie de la Hire et de Florent d'Illiers, elle accourait, avec cinq cents hommes déterminés, donner la main aux troupes de Dunois.

On avait appris à Orléans, la veille au soir, que le corps de secours et un nouveau convoi de vivres étaient partis de Blois 3. En capitaine prévoyant et avisé, Jeanne, le 4 niai, s'était mise aux champs de grand matin avec des forces respectables, afin de protéger l'arrivée de ces braves gens; car ils ne pouvaient pénétrer dans la ville

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