Nous avons combiné, dans l'ordre qui nous a paru le plus
l4o JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUEURlÈUE.
En atlendant que son écuycr lui vienne en aide, elle se fait armer par son hôtesse et sa fille'. Pendant que d'Aulon achève de l'armer, un j^rand bruit s'élève, et elle entend dire (jue les Any;lais menaienl fort mal les Fran<;ais. En ce moment, frère Pasquerel et quelques prêtres se présentaient à l'hôtel qu'habitait Jeanne. La Piicelle , toute à ce qu'elle venait d'entendre : « Eh (]uoi ! s'écrie-t-elle, le sang des nôtres coule par (erre! » Elle descend en toute hâte, et interpellant son page, Louis de Coules : « Ah ! sanglant garçon, vous ne me disiez pas que le sang d<; France fut répandu! Allez quérir mon cheval. »
Dès que son coursier est amené, .leanne monte dessus, saisit son étendard, que son page lui tend par la fenêtre, et elle se dirige vers la porte de Bourgogne, « aussi droit que si elle avait su le rheniiu pai' avant. Et courut sur le pavé, tellement, que le l'eu en saillait^. »
On se battait, en effet, de ce côté-là. L'arrivée du corps de secours, bannière en tête, sans que les Anglais osassent lui disputer le passage, avait réveillé la confiance des défenseurs d'Orléans. Vers midi, après avoir
naturel, les détails donnés sur cette afl'aire de la bastille de Saint- Loup par Jean d'Aulon, le paf^e Louis de Coûtes, la femme Milet, maître Aitifnan Viole, frère Pasquerel et les chroniqueurs. (Voir les dépositions de ces témoins dans J. Qlicukhat, Procès, t. III, et les diverses Chroniques, Procès, t. IV.)
1. La déposition de l'écuyer de Jeanne est particulièrement importante : Feci/ interdum se arrnare per dominam dornus et ejus Jîliam. (Déposition du page Louis de Coûtes. Procès, t. III, p. 68.) — Quant à Jean d'Aulon, « le plus tost qu'il peust, arma (acheva d'armer) ladicte Pucelle, et pareillement se fit armer ». {Procès, t. III, p. 212.) Simon Beaucroix, qui eut souvent occasion de voir la Pucelle, l'avait « aidée bien des fois à revêtir son armure ». Procès, t. III, p. 8i.) ,