CHAP. XVIII. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE. I
Les chevaliers el seigneurs qui l'écoutaient branlaient la tête avec incrédulité. — Ce n'était pas un jour, mais une semaine, mais un mois qui leur semblaient nécessaires, et avec la moitié plus de gens qu'ils n'étaient, pour s'emparer des Tourelles. Vu le peu de forces dont ils disposaient, celte bastille était imprenable.
— Eli bien, cette bastille imprenable, je la prendrai demain, répliquait Jeanne, et je retournerai en ville par sur les ponts '. »
N'oublions pas que plusieurs arches du pont étaient rompues : l'une l'avait été dans les premiers jours du siège par les Orléanais, afin de barrer le chemin aux Anglais s'ils parvenaient à s'emparer des Tourelles; les deux autres l'avaient été par les Anglais eux-mêmes, lorsqu'ils furent devenus maîtres des Tourelles, afin de se mettre à l'abri d'une surprise.
On finit cependant par obtenir de la jeune guerrière qu'elle rentiât en son logis et qu'elle j prît un lepos indispensable. (( A cause qu'il ennuictoit (qu'il faisait nuit), la Pucelle fut ramenée à Orléans, et laissa grand gent au siège' devant le boulevard et les Tourelles". »