‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 116 sur 381 · GHAP. XVIII. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE · texte numérisé non relu

GHAP. XVIII. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE

Se tournant alors vers frère Pasquerel, qui était près d'elle : « Demain, ajouta-t-elle, vous vous lèverez plus malin que vous ne l'avez fait aujourd'hui. Vous aurez soin de vous tenir près de moi, car j'aurai à exécuter la plus difficile besogne que j'aie jamais eue. Demain, il sortira du sang- de mon corps, à la hauteur de ma poitrine '. »

Cette prédiction d'une blessure sanglante qu'elle de vait recevoir au siège d'Orléans, la jeune guerrière l'avait déjà faite à Chinon, en présence du Roi. « N'importe, avait-elle dit à Charles VII; la blessure ne m'empêchera pas d'agir^. »

La même prédiction se retrouve dans la lettre d'un chargé d'affaires du duc de Brabant écrite à Lyon le 22 avril 1429, c'est-à-dire quinze jours avant l'événement; nous en avons donné le texte, t. I, chap. ix.

Dans la nuit qui suivit la prise de la bastille des Auguslins, les Anglais, qui occupaient le fort de Saint- Privé, y mirent le feu. Comme ils passaient la Loire pour se retirer dans la bastille de Saint-Laurent, beaucoup se noyèrent, et Ton retrouva leurs armes dans le lit du fleuve^. Il ne restait plus en la possession des assiégeants, sur la rive gauche, que la bastille et le boulevard des Tourelles ^

Le samedi matin, 7 mai, à la première heure, Jeanne entendit la messe que célébra son aumônier, frère Pasquerel, et « elle reçut en moult grand dévotion le précieux corps de Jésus-Christ ^ ». La messe entendue, elle

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