Behivy, Procè.'i, t. IV, pp. 4.'5-/j
iGo JEANNE ET SA « MISSION DR VIE ». PHASE GUERRIÈRE.
rive droite, par le ])ont même, à l'exlrémilé duquel des gens de trait s'étaient installés : on y avait d'ailleurs disposé un appareil afin de j)asser les arches rompues et d'assaillir les Tourelles '.
Les ouvrag-es dont il fallait déloger les Anglais étaient de deux sortes : la bastille des Tourelles proprement dite, et le boulevard qui la protégeait. La bastille reposait sur les arches mêmes du pont. Devant elle, sur la terre ferme, se déployait le boulevard, avec ses fossés du c(Mé de la ber^i^e, et du côté de la bastille, une sorte de canal ou tranchée dans laquelle pénétraient les eaux de la Loire. Sur celte tranchée l'on avait jeté un [xmt volant qui permettait aux Anglais de se porter au point qui serait attaqué. Ce qui semblait hors de doute, c'est que les assaillants n'auraient jamais le fort lui-même, tant qu'ils ne seraieni j)as maîtres du bouloNard. Aussi avait-il été décidé entie les capitaines et Jeanne que là se porterait tout l'efTorl de l'attaque.
Ce fut en effet autour du boulevard que les Français eng-agèrent le combat. On y mit de part et d'autre un véritable acharnement. Les g"ens du Roi et les milices orléanaises, fiers d'être commandés par la Pucelle et tout pleins du succès de la veille, faisaient des prodiyes de valeur. « Ayez bon cœur et bon espoir, criait au milieu d'eux la jeune guerrière; vous aurez la bastille à bref délai. L'heure approche où les ennemis seront pris'. »
Mais les Anglais, qui étaient nombreux et munis de tous les engins propres à la défense, opposaient une