‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 121 sur 381 · Chronique de la Pucelle, p · texte numérisé non relu

Chronique de la Pucelle, p

2. Jean Chartieu, Procès, t. IV, p. Gi : — Chronique de Ui Pucelle, p. 298.'

CHAP. XVIII. DANS ORLFÔANS. LRVKR DU SIKGR. I f) I

résistance opiiiiâlre. Glasdale, qui les dirigeait, comprenant que la journée serait décisive, se portait sur tous les points où il voyait ses hommes faiblir. Deux ou trois heures durant, les assauts se succédèrent ; à chaque tentative, les assiég"és renversaient les échelles et les assaillants étaient obligés de regagner le bord du fossé.

Vers une heure ', les Français paraissant faiblir, Jeanne donne l'exemple, prend une échelle, l'applique contre le rempart, et au cri de « Qui m'aime me suive! » elle se met à monter. A peine avait-elle gravi quelques échelons, qu'un trait d'arbalète l'atteint entre la gorge et l'épaule et la perce de part en part.

On l'emporte et l'on panse sa blessure. En voyant couler son sang, la jeune fille se prend à pleurer. C'est de l'émotion, non de la faiblesse, car elle-même arrache le fer de la plaie. Des hommes d'armes quelque peu magiciens lui offrent un charme pour la guérir. Elle s'y refuse. « J'aimerais mieux mourir que de pécher de la sorte, dit-elle; il y aura bien moyen de guérir sans mal faire. » On mit sur la blessure une compresse de lard et d'huile d'olive; après quoi Jeanne, appelant frère Pasquerel, se confessa, et en se confessant, « elle se lamentait et pleurait^ ».

L'acharnement des Anglais d'une part, la blessure de la Pucelle de l'autre, jetaient déjà du découragement parmi les Français. Les chefs se disaient qu'il valait mieux renvoyer l'assaut au lendemain; Jeanne, qui a

1 . « Post prandium — après l'heure du repas » , dit frère Pasquerel. — Ipsa fait prima qiiœ posait scalani in altum. Procès, t. III. p. 109; t. I, p. 79.

2. Ibid., p. 110. « Mais, remarquai l-elle, habuit inagnam confortationern a sancta Kalharina. » Procès, t. I, p. 79.

T. II. il

lC2 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIÈRE.

reparu et qui s'aperç-oil de ces disposilious, aborde Duiiois et le conjure d'alleudre encore.

« Ne vous relirez pas, lui dit-elle; en nom Dieu, vous entrerez hien brief (bientôt) dedans, n'ayez doute. Reposez-vous on peu, buvez et niang-ez; et n'auront les Anglais plus de force sur vous '. »

Duriois et ses cens firent ce que leur deinandail la Pucelle, « car à merveille ils lui obéissaient ». Quand ils eurent juis un peu de nourriture et de répit : « Maintenant, dit Jeanne, retournez de par Dieu à l'assaut derechef; car sans faute les Anglais n'auront plus la force de se défendre, et seroiit prises leurs tourelles et boulevards". »

Aussitôt l'assaut recommence. La jeune guerrière, laissant son étendard à Jean d'Aulon, s'en va prier à l'écart dans une vigne un demi-cjuart d'heure. Gui de Cailly qui, depuis l'arrêt de la Pucelle en son château de Reuilly, ne l'avail plus quittée, vient la rejoindre. Il la (( trouva comme en extase, (jui avait une aj)parition de Chérubins, lesquels semblaient combattre contre lesdits Anglais^ ».

1. Journal (lu siège, pp. 85-86; — Procès, t. III, p. 25. Déposition du bourgeois Luillier.

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