Chronique anonyme..., pp
l64 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIERE.
Eii même Icmps, canons el coulcvriiies faisaient rage. « Si la Pucelle faisoil son devoir, ceux de la ville le faisoienl de devers la ville tant par terre que par eaux'. » Sur la rive gauche, les Français liviaienl au honlevard « un lier et merveilleux assaut, plus que nul qui eût été onques vu ». Les Anglais terrifiés ne cherchent plus à se défendre. Ils ne s'imaginent pins avoir affaire à des hommes de chair cl d'os, mais à des légions d'anges qui combattent ponr eux. Les uns ont aperçu deux colombes voltigeant autour de l'étendartl de la Pucelle; d'autres ont vu les archanges Michel et Gabriel conduisant l'assaut. C'était du reste un fait notoire que saint Euverte et saint Aignan, les deux évéques protecteurs d'Orléans, avaient été reconnus faisant le tour des murailles de la ville en habits pontificaux^.
En ce moment où les défenseurs des Tourelles n'ont plus rien à espérer, Jeanne |)ense au capitaine qui n'avait répondu à sa sommation que par des outrages. « Glacidas, Glacidas, lui crie-t-elle, rends-toi au Roi du ciel : tu m'as grossièrement injuriée; mais j'ai grandpitié de vos âmes. » Glasdale, dédaignant cet appel, essaie avec quelques-uns des siens de passer du boulevard, où ils n'avaient cessé de combattre, dans la bastille des Tourelles par le pont volant qui reliait ces deux ouvrages. Mais les Orléanais avaient amarré un chaland remj)li de matières incendiaires à la charpente de ce ponl^ : la