Chronique anonyme..., p
2. Journal du siège, p. 88. — Eberhard Windecke, Procès, t. IV, p. 495. — Chronique anonyme..., pp. 35, l\o, [\i.
3. Chronique anonyme..., p. 35. — Ce fut proljaljlcinent à ce moment que Jean d'Aulon fit tirer, comme le rapporte Simon lieaucroix, la bombarde qui rompit le pont volant. — Vidil quod dominas senescal/us Bejlicadri fecil disrumpere pontem cum una bombarda. [Procès, t. m, p. 80.)
CHAP. XVin. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE. l65
charpente, attaquée par le feu et par l'artillerie, se rompit sous le poids de Glasdale et de ses hommes au nombre de ving-t à trente; tous furent précipités dans la Loire et noyés'. A cette vue, Jeanne ne put s'empêcher de pleurer sur l'âme du capitaine anglais et sur celles des malheureux qui, après avoir coml)attu sous ses ordres, périssaient avec lui.
La bastille fut livrée aux flammes. Tous les défenseurs furent pris ou tués. Il y avait bien de cinq à six cents hommes. Le chroniqueur Perceval de Cag-ny parle même de sept à huit cents'. Parmi les morts, qui s'élevèrent à quatre cents 3, se trouvaient le seigneur de Molins ou Moleyns, commandant du fort, le seig^neur de Ponyng-s, Thomas Giffart, bailli de Mantes, « et plusieurs autres notables hommes de grand estât •* ».
Une chose bien faite pour étonner, c'est l'indécision du général de l'armée assiég"eante, le comte de Suffolk, c'est l'inaction des troupes ang-laises de la rive droite. Des bastilles où ils étaient établis, Talbot, Falstolf, de Scales et les autres capitaines eussent pu venir au secours des Aug-ustins ou des Tourelles; ils eussent dti au
1. L'auteur de la Chroiiir/iie anoni//ne ajoute sur cette mort de Glasdale : « Là fut accomplie la prophétie qu'on avoit faict audit Glacidas, c'est assavoir la Pucelle, qu'il mourroit sans saii^ner. ^) Ce n'est pas la Pucelle qui avait prédit à Glasdale qu'il mourrait (( sans saigner », mais un soi-disant magicien. La Pucelle n'avait annoncé à son insulteur (jue sa mort violente avant la levée du siège. Dans le Mystère d'Orléans paraît un devin qui, consulté par Salisburv et Glasdale sur leur avenir, aurait répondu à Salisbury de bien garder sa tète, et à Glasdale qu'il n'avait pas à craindre de blessure, car il mourrait « sans saigner ».