‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 131 sur 381 · I. Chronique de la Pucelle, pp · texte numérisé non relu

I. Chronique de la Pucelle, pp

lya JEANNE ET SA <( MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIERE.

mai, fête de Tappaiition de saint Michel au mont (Jargan ' », et de battre en retraite.

Lorsque Jeanne d'Arc, Dunois, les capitaines et les hommes d'armes rentrèrent dans la ville, il y eut grande joie, (( jo-rant exultation chez tout le clergé et le j)euple. Et ils donnaient merveilleuses louanges à leurs vaillants défenseurs, et par spécial et sur tous à Jehanne la Pucelle. » Les habitants, transportés, lui criaient :

— Vous êtes noire Providence.

A quoi Jeanne répondait :

— Ce n'est pas moi, c'est Dieu (ju'il f;uil remercier.

Les Orléanais n'y niauquèrcut [)as. Ce jour de dimanche, « gens d'église, seigneurs, capitaines, gens d'armes et bourgeois, sans oublier .leaune elle-même, firent très belles processions pour remercier Notre-Seigneur de celte belle victoire qu'il leur avait donnée ». A la procession générale, il y eut en outre sermon^. 11 fut prêché dans le cloître de Sainte-Croix par frère Louis de Hiicheville, prieur des Augustins, lequel reçut pour honoraires la somme de seize sols.

A la procession solennelle du surlendemain lo mai, ce fut un dominicain, frère J3aignart, un des confesseurs de Jeanne, qui prononça le sermon, toujours dans le cloître de l'église Sainte-Croix.. Il j)rêclia également l'année suivante i4>^o, à i;i prociïssion du 8 mai, ce qui prouve la fidélité des Orléanais à témoigner à Dieu leur

1. Symphorien Guyon, Ilisloire de la ri Ile et diocèse d'Orléans, t. II, pp. 228-229.

2. Procès, t. III, p. MO. Déposition de frère Pasquerel. — Journal du siège, p. 92.

3. Boucher de Molandon, Chronique anoiu/ine, pp. 91, 92. — • R. P. CnwoTX's,' Jeanne d'Arc et les Dominicains, i)p. 82-83.

GHAP. XVIII. — DANS ORLEANS. LEVEE DU SIÈGE. I^'î

Telle fut l'origine de la (èle insliluée pour perpétuer le souvenir de la délivrance d'Orléans par Jeanne, l'envoyée de Dieu. Aux jeux des Orléanais, la levée du siège était une œuvre divine et non humaine. « L'opinion commune proclamait que tout s'était fait par le moyen de Jeanne et comme miraculeusement'. » Nous avons dit ce qu'en pensaient les chefs de l'armée qui avaient pris part à cette œuvre de délivrance. Les bourgeois de la cité exprimeront leur conviction en termes non moins frappants. Le 9 mai de celte année 1429, Guillaume Giraut, notaire Orléanais, écrivait sur son livre confidentiel la note suivante :

« Présente et ordonnant Jehanne la Pucelle, à ce envoiée de Dieu Nostre Seig-neur, et aussi comme par miracle le plus évident qui ait été apparent depuis la Passion de Nostre Seigneur, fut levé le siège que les Anglais avaient mis". »

Un témoin oculaire, Orléanais lui aussi, déposa en ces termes au procès de réhabilitation :

« Quant à savoir si le siège d'Orléans fut levé et la ville sauvée par l'intervention de la Pucelle, voici ma réponse : Tous les habitants de la ville et moi croyons que si la Pucelle ne fût venue de la part de Dieu à notre aide, nous aurions été bientôt au pouvoir et aux mains des assiég^eants. A mon avis, il était impossible que les Orléanais et les troupes présentes pussent tenir longtemps contre les forces et la supériorité écrasantes de nos adversaires 2. »

1. Procès, t. III, p. 70. Déposition de l'écuyer Gobert Thibault.

2. MoucHEK DE Mor.ANDoN, Elucle sur une bastille anghiise,^. ig.

3. Procès, t. Itt, pp. 25, 2G. Déposition de Jean Luillier, bourgeois d'Orléans.

Ces forces et celle supériorité écrasante des Anglais doit s'entendre non de leur noml)re, mais de la ca{)acité de leurs chefs et de la valeur de leurs lionnnes. A llouvraj, Falstolf fit face à des troupes trois fois plus nombreuses : il n'eu fut pas moins vainqueur.

« Le chiffre théorique des forces anglaises, remarque M. Germain Lefèvre-Pontalis, a pu être fixé, d'après une méthode qui semble avoir atteint le fond de la question, au maximum à 5. 000 hommes environ, exactement 5.o5o ' », sans compter les Bourguignons que le duc Philippe rappela. Mais ces combattants étaient « réputés les plus preux et les plus hardis de tout le royaume d'Angleterre^ », d'après la C/ironique de la Pucelle; « la fleur des meilleurs gens d'Angleterre et droites gens d'armes d'eslite », d'après Monstrelet^.

(( Quant à la garnison fixe d'Orléans même, remarque toujours M. G. Lefèvre-Pontalis, pour en fixer le nombre on n'a pas rencontré des bases suffisamment établies 4. »

Revenons à la fête du 8 mai.

Elle avait un double objet :

1" Remercier Dieu de la protection extraordinaire qu'il avait octroyée à la cité orléanaise par l'entremise de la Pucelle;

2° Glorifier le nom de Jeanne d'Arc et perpétuer le souvenir du bienfait dont Orléans lui était redevable.

De là le caractère religieux et |>a(rio(ique tout ensemble que cette fêle a toujours revêtu. A l'origine, elle

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