CH.VP. XVITI. DANS ORLEANS. LEVEE DU SIEGE. I7I
(( en emportèrent ce qu ils purent, tout en y laissant larg^emenl vivres et autres l)iens. Elles furent ensuite jetées par terre, suivant la volonté des seigneurs et capitaines, et leurs canons et bombardes furent reirais en la ville d'Orléans ' ».
Le 8 mai, jour où les Anglais levèrent le siège, était le jour d'une des fêtes que l'Eg-lise célèbre en l'honneur de saint Michel. Jeanne d'Arc ne put être insensible à cette coïncidence. Elle y vit une marque spéciale de la protection dont le g-lorieux archang-e n'avait cessé de l'environner, depuis sa première apparition à Domremy. Il lui avait enseigné à être bonne et brave enfant ; devenue jeune fille, Jeanne venait de se montrer g'uerrière habile autant que vaillante. En assistant aux deux messes célébrées en face de l'armée anglaise, elle remercia de toute son âme son céleste protecteur.
Dans la ville, les Orléanais offraient des actions de g-râces non moins ardentes à l'Ang-e des batailles, car, comme la jeune Lorraine, ils avaient remarqué la coïncidence providentielle.
Le respectable auteur qui a écrit « l'Histoire d'Orléans sous la loy de nature et sous la loy de grâce », le prêtre et docteur Symphorien Guyon , fait observer à ce sujet que « Dieu s'est servi de saint Michel pour délivrer la ville d'Orléans et tout ce roïaume très chrétien de la tyrannie des Anglais. Quelques bons historiens ont rapporté que l'archang-e saint Michel parut visiblement sur le pont d'Orléans, combattant les Ang'lais et renversant leurs étendards, tellement que nos ennemis furent contraints de lever le sièg^e le huitième jour de