‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 136 sur 381 · Journal du sièc/e, p. (ji · texte numérisé non relu

Journal du sièc/e, p. (ji

Le Mijstère d'Orléans prèle ces paroles à la Pucelle, daus son entrevue avec Charles VII a[)rès la levée du siège :

« Sachez, Sire, que ceux d'Orléans Ont fait !j;randenient leur devoir; Ce sont Fran(;ais bons et vaillants! »

(J. Fabre, Procès de réhahililalion, t. II, p. 382.

Ce n'était pas une flatterie, mais la vérité.

l82 JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.

lui-même son cliaperon, il reiitoura de ses hras et la pressa contre son cœur, « Et selon qu'il parut à plusieurs, il l'eût baisée volontiers, de la joie (pi'il avait. » Le I\oi et Jeanne entrèrent à Fours aux acclamations de la ville entière. Ler/entil Dnnphln y resta dix jours, pendant lesquels il fit à la Pucelle « g^rande chère ». De Tours, il se rendit avec Jeanne au château de Loches, et la jeune g-uerrière « resta auprès de lui jusqu'après le vingtroisième de mai '. »

LA PUCr:i>LE l'ROPOSE AU ROI UN PLAN DE CAMPAGNE.

En celle résidence royale, la pensée qui s'empara de la jeune guerrière, et qui ne cessa de la poursuivre, fut de décider Charles à prendre au plus tôt la route de Reims. Avec sa perspicacité et son remarquable bon sens, elle sentait bien que, laiil ((uc le jeune prince ne serait pas sacré, aux yeux du peu[)le de France il ne serait pas le Roi. En revanche, la cérémonie du sacre accomplie, un coup mortel était porté à la cause Anglo-Rourgui^nonne. Aussi la jeune fille insistait-elle sur ce point et y revenait-elle sans cesse dans ses entretiens avec son souverain.

— Gentil Dauphin, lui disait-elle, il est temps que vous vous mettiez en chemin pour être couronné.

A ces paroles, le prince, inspiré par ses conseillers habituels, répondait :

I, Eberii.vrd Windecke, Procès, t. IV^ p. 497- — Clironi(iue de Tournai!, t. III, p. !\\7..

en. XIX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PREPARATION. l83

— Il y aurait imprudence à le faire; nos ennemis sont trop puissants.

— Gentil Sire, répliquait Jeanne, par mon martin, je vous mènerai sûrement à lleims, et là vous recevrez votre sacre et l'on verra que vous êtes le vrai Roi'.

Charles hésitant toujours, la Pucelle ajouta :

— Je ne durerai guères plus d'un an. Sire; il me faut donc bien employer".

Notons toutefois une chose. Ce que la jeune fille requérait de Charles VII, ce n'était pas qu'il prît surle-champ la route de Reims, mais qu'il en finît avec ses hésitations et qu'il arrêtât en principe cette prochaine campagne, sauf à rechercher immédiatement les mesures propres à la faire réussir. Une de ces mesures consistait à s'assurer de la possession des places occupées par les Ang"lais sur la Loire; car il était à craindre que les ennemis, profitant des circonstances, n'entreprissent une campagne de diversion dans le centre du royaume, ou n'attaquassent les troupes royales à revers. Ils allaient d'ailleurs se trouver dans d'excellentes condilions pour prendre leur revanche de cette manière.

Arrivé à Meung-sur-Loire, après la levée du siège, le comte de SulTolk s'était empressé de demander des secours au duc de Bedford : « Autrement, lui écrivait-il, les forteresses dont ils étaient maîtres sur la Loire et dans la Beauce couraient risque de tomber entre les mains de Charles VIL » Au reçu de ce message, le Régent avait fait rassembler en toute hâte de quatre à cinq mille hommes, afin de les envoyer dans l'Orléanais

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