CH. XIX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PREPARATION. I
« El arriva ce luiuly à Selles, monseigneur le duc (rAlen<;on, qui a très grosse compaj^nie; et ai aujourd'huy gagn*^ sur lui un pari au jeu de paume. Et n'est encore point ici \enu mon frère de Vendosme'.
« ... Et dit-on ici que monseigneur le Connestable vient avec six cens hommes d'armes et quatre cens hommes de traict, et que le Koy n'eut depuis long-temps (piéça) si grande compag"nie qu'on espère estre ici; ni oncques gens n'allèrent de meilleure volonté en besongne, qu'ils vont à ceste (celle-ci). El doit ce jour d'huy ici arriver mon cousin de Rais', et croît ma compagnie; et quoy que ce soit, ce qu'il y a est bien honnesle et d'appareil (de bonne apparence). Mais de l'argent n'y en a-t-il point à la cour, ou si peu que pour le temps présent je n'y espère aucune rescousse ni soustenue (soutien). Pour ce, vous, madame ma mère, qui avez mon sceau, n'épargnez point ma terre par vente ni par eng-ag-e, ou avisez plus convenable affaire, car si nous ne faisons ainsy, veu qu'il n'y a point de solde, nous demeurons tous seuls. Et jusques ici notre fait a esté et est en bon honneur. Et a esté notre venue au Roy et à tous ses g"ens, et aussy aux aultres seig^neurs qui viennent de toutes parts, bien agréable et nous font tous meilleure chère (meilleur visage) que ne vous pourrions escrire.
« La Pucelle m'a dit en son logis, comme je la suis allé voir, que trois jours avant mon arrivée elle avoit envoyé à vous, mon aïeulle, un bien petit anneau d'or, mais que c'estoil bien petite chose, et quelle vous eust
1. Son beau-frère I^oiiis de liourhon, comte de Vendôme; il avait épousé Jeanne de Laval, sœur de Gui et d'André.