I. L. Champion, Jeanne d'Arc écuyère, p
2o4 JEANNE ET SA (( MISSION DE VIE ». PHASE GUERRIERE.
Et, en troisième lieu, ces circonstances se rencontrèrent assez souvent. Ce furent d'abord les relations de parenté, d'amilié, de dévotion, d'affaires qni appelaient les habilants de Domremy dans les diverses localités de la vallée ou du voisinaj^^e, telles que Neufcliâleau, Toul, Vaucouleurs, Burey-en-^"anl^, Maxey-sur-Vaise.
Ce furent encore les visites que la famille de Jacques d'Arc rendait à ses parents de Sermaize, pelile ville de Champay^ne que vingt-cinq ou trente lieues sé[)araient de Domremy. Jeanne d'Arc franciiit plus d'une fois cette distance avec ses frères.
Il y eut enfin les voyages qui amenèrent la jeune Lorraine à Tonb Vaucouleurs, Nancy, Saint-Nicolas-du- Port, voyag"es qui auraient à la rigueiu" suffi, étant donné les dispositions iial nielles de la Pucelle, pour la fainilialiser avec l'équitation.
A Domremy, lorsque, Agée de treize ans, Jeannette entendit pour la première fois saint Michel lui conter « la pitié du royaume de France » et lui dire qu'il lui faudrait venir au secours du roi, l'enfanl put répondre très sincèrement qu'elle « ne savait » ni chevaucher à la façon des hommes d'armes (c'est le vrai sens du texte), ni mener la guerre — erat unn pauper Jilia quœ nesciret ('(jiutare, nec diicero guerram '.
Mais à Vaucouleurs. (rois ans j)lus lard, lorsqu'elle pressait Baudiicouit de l'envoyer au secours du Daupliin, on peut avancer sans exagération qu'elle n'eut j^-arde de lui dire qu'elle ne savait pas chevaucher : alléguant au besoin ses pointes récentes à Toul, Nancy, Saint-Nicolas-du-Porf , Jeaiuie, jeune fille, se déclara