‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 152 sur 381 · H. P. Ayroles, La Vierge guerrière, pp · texte numérisé non relu

H. P. Ayroles, La Vierge guerrière, pp

CH. XIX. CAMPAGNE DE LA EOIRE. — PKÉPAHATKIN. 2o3

Mais la Pucelle, avant do paraître à Ciiinoii, eul-elle l'occasion de cultiver des dispositions natives et de les développer? On n'hésitera pas à le croire si l'on veut bien tenir compte de trois choses : i° que le pays de Jeanne, Domremy avec les grasses prairies qui bordent la Meuse, était un pays de chevaux et d'élevag-e; i° qu'au quinzième siècle les voya^i^es se faisaient d'ordinaire à cheval; 3" que Jeanne enfant et jeune fille a beaucoup plus chevauché et voyagé qu'on ne le pense généralement.

En premier lieu, Domremy, avec ses prairies tout le long- de la Meuse, était un [)ays d'élevage. Il y avait des chevaux chez tous les habilanls aisés, et il y en avait en particulier dans la maison du père de Jeanne d'Arc. A la fillette revenait souvent la tache de les mener paître et de les conduire. Comme ses compagnes, elle devait aimer à les monter, et comme elles promptement elle en acquit l'habitude. Le capitaine Champion, dans son livre sur « Jeanne écuyèce », fait observer que, selon toute probabilité, un écuyer du duc de Lorraine, Thiesselin de Vittel,, dont la femme était une des marraines de Jeannette,, dans les occasions nombreuses qui le conduisaient dans la maison de Jacques d'Arc, mit au service de sa quasi-filleule sa propre expérience et lui apprit en cette matière ce qu'elle désirait savoir'.

En second lieu, notons que l'on voyageait alors généralement, non à l'aide de chars et de voilures, mais de chevaux. Vu ce que nous avons dit de la situation aisée de la famille d'Arc, la Pucelle put user de ce moyen lorsque les circonstances le demandaient.

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