‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 159 sur 381 · CIIAP. XX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PATAY. 2O · texte numérisé non relu

CIIAP. XX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PATAY. 2O

iiiiil conclièreiil dans un bois. Le lendemain, de l)onne heure, le hàlard d'Orléans, Florent d'IUiers, et plusieurs autres capitaines avec le reste des troupes énumérées plus haut, les rejoignirent et se demandèrent quel parti il y avait à prendre. Jeanne, les voyant hésiter : « Ne craignez pas le nombre, dit-elle, et attaquez hardiment ces Anglais. Dieu conduit notre œuvre. Si je n'en étais sûre, croyez-le bien, j'aimerais mieux garder les brebis que de m'exposer à tant de périls'. »

On reprit donc la marche en avant. Arrivés vers deux heures après midi devant Jargeau", tandis que les hommes d'armes cherchaient à se loger dans les faubourgs, les « gens de commun, sans la Pucelle, saillirent des fossés» et attaquèrent la place. Une sortie vigoureuse de la garnison anglaise les obligea de revenir en arrière, « et il y en eut de bien battus ^ », Jeanne, à cette vue, saisit son étendard, et s'élançant en avant : « Sus! mes amis, s'écria-t-elle. Ayez bon cœur; nous en viendrons à bout. » Et elle entraîne ses hommes. La nuit même, les faubourgs de Jargeau étaient en leur pouvoir.

Victorieuses, les troupes du Roi négligèrent les précautions les plus élémentaires. « Il faut croire, disait le duc d'Alençon, que Dieu était avec nous; car nos gens firent tant mauvaise garde, que si les Anglais fussent sortis, l'armée eût couru un grand danger ^ »

Pendant la nuit, les Fiançais mirent en place les machines de guerre, canons et bombardes. Lorsque le feu

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