Chronique de la Pucelle, p. 802; — Journal..., p
4. Chronique de la Pucelle, p. 3o2; — Journal..., p. 99. — On a dit aussi que Sutt'olk se rendit à un des frères de La Hire.
Le greffier de La liochelle donne de cet incident une version différente. Sur le pont où Suffolk est acculé, le duc d'Alençon et autres seit^neurs entourent le général anglais et le somment de se rendre. Mais Suffolk « dit qu'il ne se rendrait point à eux, dùt-il être niorl. Et il cria à haute voix : — Je me rends à la Pucelle qui est la plus
CHAP. XX. CAMPAGNE DE LA LOIRE. PATAY. 2l3
Des deux frères de Siiffolk, l'un, John de la Pôle, capitaine d'Avranclies, resta prisonnier; l'autre, Alexandre, périt dans le combat. L'on envoya par eau à Orléans tous les prisonniers de marque et la ville fut abandonnée au pillage.
Le soir même de la prise de Jarg'eau', les chefs de l'armée victorieuse, Jeanne, le duc d'Alençon, bon nombre de seigneurs et d'hommes d'armes, rentraient dans Orléans. Ils y furent reçus « à très grande joie. De là ils firent savoir au Roi la prise de la place, et comment l'assaut avait bien duré quatre heures pendant lesquelles furent faits de beaux faits d'armes. Et il y eut de quatre à cinq cents Anglais tués, sans les prisonniers qui estoient de grand renom tant en noblesse qu'en faits de gueri'e' ».
vaillante feinino du monde et qui nous doit tous subjuguer et mettre
à confusion. »
« Et, de fait, vint à ladite Pucelle et se rendit à elle. » [Relalion... du Livre noir de La Rochelle, Revue historique,
t. IV, p. 340.)
Jules Quiclierat préfère cette version à celle des autres chroniqueurs par la raison que le greffier de La Rochelle écrivait du vivant même de Jeanne, et non plusieurs années après (Revue historique, t. IV, p. 332). Cette opinion du savant paléographe est très discutable, et la raison sur laquelle il s'appuie peu solide. L'auteur ou les auteurs du Journal du sièffe écrivaient, eux aussi, du vivant de la Pucelle ; Cousinot de Montreuil était pareillement un de ses contemporains. Comment se fait-il que ces chroniqueurs donnent de la prise du comte de Sutfolk la première version? D'autre part, ni le duc d'Alençon dans sa déposition, ni Perceval de Cagny dans sa Chronique alençonnaise, ne font la moindre allusion à l'incident relaté par le greffier rochelais. Il faut en convenir, la langage prêté à SufFolk, dans la bouche d'un Anglais serait bien extraordinaire.
1. Journal du siège, p. 99. — Perceval de Cagny dit : « Le luudy ensuivant... » Procès, t. IV, p. i3.
2. Journal du siège d'Orléans, pp. 99-100. — C'est par erreur que la Chronique de la Pucelle dit, p. 3o2, « que les Fran(;ais furent
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De ces prisonniers plusieui's furent tués par les hommes d'armes qui les emmenaient à Orléans et qui ne s'accordaient pas sur la part qui leur revenait. Informés de l'événement, la Pucelle et le duc d'Alençon j)rirent leurs mesures pour que le comte de Suffolk et les principaux seig^neurs ne courussent pas de danger'.
A MEUNG ET BEAUGENCY (iS-iy JUIN).
Charles VII fut tout joyeux de ces nouvelles. « Il en regracia Dieu et manda g-ens de guerre pour venir se joindre avec le duc d'Alençon, Jeanne la Pucelle et autres seig^neurs et capitaines^. » Lui-même, se rapprochant du théâtre de l'action, « s'en vint à Sully-sur-Loire ^ ».
Ces jours-là, en effet, arrivèrent à Orléans « où avoit jà de six à sept mil combattants », pour renforcer l'armée, les seigneurs de Rais, de Chauvij^ny, de Laval, de La Tour-d' Auverg^ne, le vidame de Chartres, et bon nombre de chevaliers, d'écuyers et de vaillants hommes d'armes '.
environ huicl jours devant Jarg'cau ». Ils y arrivaient le ii juin et s'en emparaient le 12. Voir P. de Cagny, et le Journal, loc. cit.